Cinq Principes Du Bonheur

Dans toute entreprise humaine, dans tout ce que nous faisons, notre vrai but est souvent d’atteindre le bonheur. Que nous croyons parfois, à tort, être un débordement de plaisir. Toutefois, même le plaisir n’a guère de sens lorsque vous êtes vraiment malheureux. Vous ne pouvez apprécier la nourriture lorsque vous êtes souffrant, par exemple. Y a-t-il donc un secret pour atteindre le bonheur ? Oui, il y en a un.

Le secret du bonheur est qu’il n’y a pas de secret. C’est aussi limpide que cela. Il vous suffit de penser, de parler et d’agir d’une manière qui favorise le bonheur pour connaître un bonheur grandissant.

Lorsque nous cherchons le bonheur dans le mysticisme, la méditation, les psalmodies et autres pratiques, nous finissons toujours par être déçus. Car ces choses-là sont uniquement destinées à élever notre conscience et à accroître notre capacité d’adaptation, ce qui aide par la suite à nous rendre plus sereins. C’est tout simplement absurde de vous attendre à ce que des graines de bonheur tombent du ciel pendant que méditez. Sauf, bien sûr, si un oiseau volant au-dessus de votre tête en laisse tomber quelques-unes de son bec (ce ne seront pas des graines de bonheur, croyez-moi, sauf peut-être pour l’oiseau…)

Le bonheur est une aptitude. C’est quelque chose que nous devons acquérir et cultiver. Vous en verrez les résultats si vous y mettez suffisamment d’efforts.

Donc, même s’il n’y a pas de secret pour trouver le bonheur, certains conseils peuvent nous aider. Ma contribution est sous la forme des cinq principes du bonheur suivants :

1. Soyez sincères

Soyez tout simplement sincères dans votre relation avec vous-mêmes et avec les autres. Les faussetés et une conduite ou des paroles ostentatoires perturberont votre quiétude et de toute façon, l’autre personne verra clair dans votre jeu. Agissez normalement et soyez vous-mêmes. Adopter un comportement artificiel est la chose la plus difficile pour vous. La situation devient encore plus tragique lorsque nous commençons à prendre notre comportement fallacieux pour la réalité.

Un aveugle qui vivait non loin de chez le grand maître zen Bankei le couvrit de louanges après sa mort. Il était intarissable sur sa personnalité, son caractère et son charisme.

“Mais, excuse-moi, tu es aveugle. Tu ne pouvais rien voir de ce ses actions ou de son comportement,” lui dit son ami.

“La sincérité, mon ami, c’est la sincérité,” lui répondit l’aveugle. “Je cerne la personnalité d’un homme par le son de sa voix. D’habitude, lorsque j’entends quelqu’un féliciter autrui pour son bonheur ou son succès, j’entends aussi un ton envieux. Lorsque certaines personnes présentent leurs condoléances pour le malheur qui frappe quelqu’un, j’entends du plaisir et de la satisfaction. De par mon expérience toutefois, Bankei avait toujours une voix sincère. Chaque fois qu’il exprimait son bonheur, je n’entendais que le bonheur, et chaque fois qu’il exprimait sa peine, je n’entendais que de la peine.”

Lorsque vous êtes sincères, vous êtes naturellement solideset fiables. Lorsque vos actions, vos pensées et vos paroles correspondent à vos intentions, vous êtes sincères.

Pensez ce que vous dites et dites ce que vous pensez. Vos paroles auront beaucoup plus de poids. L’Univers vous prendra alors plus au sérieux.

2. Lisez

Sauf dans des moments d’intense solitude ou de sadhana(pratique spirituelle), je ne me souviens pas de m’être jamais couché sans avoir lu quelque chose. Peu importe la fatigue accumulée durant la journée, je m’assure de lire ne serait-ce qu’une seule page. C’est comme parcourir le monde sans dépenser autant de temps ou d’argent. Lorsque vous lisez un livre, vous ne lisez pas simplement le travail auquel une personne a consacré quelques centaines d’heures. Vous obtenez plutôt l’équivalent du concentré d’une vie entière de sagesse. Même si vous ne tombez que sur une seule phrase qui pousse à la réflexion dans un bon livre, je pense que cela vaut le prix du livre entier.

L’important toutefois, c’est le genre de littérature que vous lisez. Lisez des choses intéressantes, des œuvres qui vous inspirent et vous aident à grandir en tant que personne. Cela ne suffit pas de surfer sur Internet ou de parcourir quelquesarticles en ligne avant d’aller au lit. La navigation sur Internet, c’est comme vous retrouver dans un canot au milieu d’une mer agitée au plus profond de la nuit, tandis que lire un livre est davantage comme se balader en pleine campagne avec une petite lampe à la main.

Idéalement, votre dernière activité avant d’aller dormir devrait être une activité apaisante, sereine et relaxante. Vous pouvez également méditer, mais la lecture a son propre charme.

J’ai remarqué que les enfants qui sont habitués à lire de bons livres, même si ce n’est que pour les discipliner à un jeune âge, ont une certaine maturité de réflexion et deviennent des adultes confiants.

Adonnez-vous à la lecture. Vous ne le regretterez jamais. Lisez de la bonne littérature.

3. Faites de l’exercice

Cela se passe d’explications. Faites de l’exercice tous les jours ou 6 jours par semaine. Peut-être 3 jours, suivis d’une pause d’un jour, puis 3 autres jours. Vous pouvez le faire intensément pendant 15 minutes ou tout en douceur durant 30 minutes, jusqu’à ce que vous sentiez la sueur perler sur votre corps. Selon des études, les deux méthodes sont tout aussi efficaces.

Faire de l’exercice améliore la condition physique et émotionnelle. Cela permet à notre cerveau de libérer de nombreux neurotransmetteurs qui nous aident à nous sentir légers et heureux, ainsi qu’à évacuer le stress. Plus particulièrement la noradrénaline, la sérotonine et un peu de dopamine. Notre cerveau libère ces mêmes éléments chimiques dans beaucoup d’autres activités plaisantes. L’exercice ralentit le vieillissement, il empêche vos muscles de s’atrophier et accroît votre longévité.

Que vous fassiez du yoga, de la course à pied, de l’aérobic, du vélo, de la musculation ou tout autre type d’exercices, veillez simplement à transpirer un peu (rester assis devant la télé avec la climatisation éteinte ou manger un curry thaï rouge ne comptent pas). Des exercices sont prescrits même aux athlètes qui pratiquent des sports exigeants pour accroître leur endurance et leur force. L’exercice seul peut faire ce qu’il fait et rien ne peut le remplacer. Levez-vous, respirez et étirez-vous.

Commencez à faire de l’exercice. Faites-en une habitude. Il suffit de le faire. Transpirez.

4. Arrêtez de vous plaindre

Voici le point le plus important. Se plaindre est une habitude compulsive très répandue. Nous nous plaignons de presque tout : le temps, la nourriture, l’économie, les autres, les dirigeants… Lorsque nous heurtons un poteau parce que nous ne faisons pas attention en marchant ou que nous nous cognons l’orteil contre un meuble inanimé, nous pensons un instant que c’est le poteau ou la table qui n’est pas à sa place. Que quelqu’un aurait dû faire un peu plus attention. Le pire, c’est que nous nous plaignons souvent auprès de gens qui ne peuvent rien y changer. Si votre nouvelle machine à laver tombe en panne, vous plaindre auprès d’un ami ne résoudra pas la situation. C’est au vendeur que vous devez vous adresser.

En seulement 24 heures, une personne lambda prend trois repas, mais se plaint au moins une trentaine de fois. Le temps est maussade, la nourriture n’est pas bonne, il ne répond jamais à temps, ma vie est nulle, elle devrait faire preuve d’un peu plus de bon sens, personne ne m’aime ou ne s’intéresse à moi, je déteste mon travail, et ainsi de suite.

Cela a des effets néfastes sur notre croissance spirituelle et notre bien-être émotionnel. Lorsque se plaindre devient une habitude, tout paraît moins bien. Vous en voulez davantage, ce petit plus, et c’est là que les difficultés commencent.

En réfléchissant aux moyens d’arrêter de se plaindre, j’ai pensé à tenir un journal ou à créer une forme de rappel. Je suis alors tombé sur l’idée du révérend Will Bowen. Ce pasteur américain a lancé ce mouvement qui consistait à ne pas se plaindre pendant 21 jours d’affilée en portant un bracelet mauve. Il soutient, recherches à l’appui, qu’une fois que vous arrivez à tenir trois semaines sans vous plaindre, cela devient comme une habitude. Vous devenez plus positifset plus heureux.

“Mettez un de ces bracelets à votre poignet et chaque fois que vous vous plaignez, changez-le de poignet,” a-t-il dit à sa congrégation.

Cela crée un état de conscience incroyable. ” Donnez-le aussià une autre personne, vous pourrez ainsi vous rappeler mutuellement,” a-t-il ajouté en précisant que nous devons également éviter les critiques acerbes, les commérages et le sarcasme en sus d’éviter de nous plaindre.

Vous pouvez vous acheter en ligne n’importe quel bracelet en silicone ou autre, qui est facile à enfiler et à enlever. Cela vous coûtera moins que le prix d’un café, mais fera des merveilles pour accroître votre niveau général de bonheur et de positivité.

Alors, la prochaine fois que votre repas n’est pas assez salé, ne vous plaignez pas. Soyez au moins reconnaissants d’avoir à manger. Prenez la salière et ajoutez un peu de sel à votre plat.

“Passe-moi le sel, s’il te plaît.” Voici une demande bien formulée. (“Tu peux me passer le sel, s’il te plaît ?” est encore mieux. La politesse vous aide à garder votre calme.)

Si vous dites : “Ce n’est pas assez salé !” vous êtes en train de vous plaindre.

Si vous n’aimez pas quelque chose, changez-le. Si vous ne pouvez pas le changer, changez votre attitude. Ne vous plaignez pas. ~Maya Angelou

5. Le cinquième principe

Personne ne peut vous inculquer le cinquième principe. C’est une ligne de conduite ou un commandement personnel que vous définissez en fonction de votre nature, de votre situation et de votre objectif. Votre cinquième principe pourrait être de prier, de méditer ou d’aller à la pêche, par exemple. Quel qu’il soit, c’est quelque chose que vous avez découvert par vous-mêmes.

Écrivez votre propre principe.

Trois ouvriers du bâtiment avaient l’habitude de prendre leur déjeuner ensemble. Chacun d’eux apportait le même repas chaque jour et ils commençaient à en avoir assez.

“Si je suis forcé de manger le même sandwich encore une fois, je me jette du haut de ce bâtiment,” lança le premier un jour.

Le second ouvrier ouvrit sa boîte à lunch et se plaignit : “Sije dois encore manger ces pâtes demain, je me suicide.”

Le troisième regarda son tiffin et s’écria : “Pour l’amour de Dieu, si je dois manger cette salade une fois de plus, je saute !”

Le lendemain, ils s’assirent pour déjeuner, comme d’habitude. Le premier ouvrier ouvrit sa boîte à lunch et poussa un grand soupir. “Dieu merci, c’est du riz aujourd’hui.”

Le second jeta un œil à son déjeuner et s’exclama joyeusement : “Enfin ! J’adore ces petits pains.”

“Zut ! Encore la même salade,” dit le troisième en frappant sa boîte à lunch contre son front.

Sans rien ajouter, il se jeta du haut du bâtiment et mourut.

Ses amis, bouleversés, interrogèrent son épouse à son enterrement.

“Vous n’auriez pas pu lui donner autre chose pour le déjeuner ? Regardez ce qui s’est passé. Le pauvre homme s’est suicidé.”

“Je ne comprends pas,” répondit l’épouse. “Il préparaittoujours son propre déjeuner !”

D’une certaine façon, nous préparons tous notre propre déjeuner. Il ne tient qu’à nous d’accepter gracieusement ce qui nous déplaît et de prendre les choses du bon côté (tout en nous évertuant à changer la situation) ou de continuer de nous plaindre. Notre bonheur ne dépend que de nous et en grande partie, de comment et à quoi nous consacrons notre temps et notre énergie. Passer trop de temps sur Internet, sur les réseaux sociaux ou devant la télé et se plaindre sont les ennemis du bonheur, comme le sont les toxines que produisent la jalousie, l’envie, et la haine. Vous pouvez parfois vous adonner à des activités non productives ou tout simplement flemmarder, parce que nous avons tous connu les joies de la procrastination. Mais dans l’ensemble, si vous suivez les cinq principes ci-dessus, vous constaterez la transformation intérieure qui s’opérera en vous en l’espace de quelques semaines. Comme pour apprendre ou pour acquérir de nouvelles compétences, si vous êtes disposés à y consacrer la patience et la détermination voulues, il n’y a aucune raison pour ne pas faire avancer la cause du bonheur.

Un article avec de tels conseils pratiques ne vous apportera probablement pas autant de réconfort que des pensées philosophiques, mais si le bonheur ne dépendait que de la philosophie, notre histoire ne serait pas remplie de penseurs et de philosophes déprimés. Au lieu d’une lecture évocatrice et émouvante (ce qui n’est pas ma spécialité, de toute façon), j’ai donc choisi de partager mon point de vue sur les aspects pratiques du bonheur. Cela peut paraître insignifiant, mais je n’oublie jamais que lorsque vous vous asseyez pour lire mes articles, vous me confiez 7 minutes de votre temps. Je fais de mon mieux pour honorer cette confiance que vous placez en moi comme lecteurs.

Adoptez ces principes et vous verrez que vous sourirez plus souvent. Si cela ne marche pas, ne vous en faites pas, j’ai… voyons voir… 743 autres principes du bonheur dans mon journal que je serais heureux de les partager avec vous (je plaisante !).

Et n’oubliez pas le bracelet.

Paix.
Swami

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