Je ne sais vraiment pas ce que je fais, pourquoi je le fais, il y a tant de choses que je ne veux pas faire mais je finis pourtant par les faire. Je suis si embrouillé, je n’arrive pas à me concentrer, je n’ai pu suivre aucune discipline ni fixer mes priorités. Je n’ai tout simplement pas été capable de m’aider un peu. A chaque fois que j’essaie de faire quelque chose, j’abandonne rapidement sans même faire 1 % d’effort. Je ne sus pas heureux, je me sens triste et je ne sais pas pourquoi. Je veux étudier et je veux que mes parents soient fiers ainsi que moi-même mais je ne peux même pas faire semblant. C’est comme si je pleurais, je veux juste de l’aide pour me sentir bien. Je veux être fort, je veux être capable de faire quelque chose par moi-même. S’il vous plaît, aidez moi, en ce moment je ne sais pas quoi faire, je ne sais vraiment pas.

C’est un extrait d’un email qu’un adolescent m’a envoyé il y a quelque temps. Je l’ai cité verbatim avec de petites corrections grammaticales. Si vous me croyez, alors sachez que c’est la plupart du temps le ton des emails que je reçois de ceux sur les épaules desquels repose l’avenir de notre pays, de notre monde, de notre planète : les jeunes adultes.

Ce qui est particulièrement poignant de noter, c’est que les ados qui m’écrivent ce genre d’emails sont véritablement très intelligents, capables et ambitieux. Ils font pourtant face au quotidien à de nombreuses confusions et à de nombreux défis émotionnels, quelquefois plusieurs fois par jour. Je ne suis pourtant pas surpris. L’adolescence est l’une des phases les
plus difficiles de la vie parce que lors de ces années vous ne faites pas que vous découvrir, mais vous luttez aussi avec des distractions et des attentes.

Un chirurgien cardiaque renommé a emmené sa voiture en révision. Le moteur avait un problème. Quelques heures plus tard, quand il est venu rechercher sa voiture, le mécanicien l’a arrêté pour avoir avec lui une petite conversation. “Vous êtes ce fameux docteur, n’est-ce pas ?” dit-il. Le chirurgien opina de la tête avec un sentiment d’orgueil. “Fondamentalement, vous et moi nous faisons la même chose. Vous faites avec les gens ce que je fais avec les voitures. Tout comme moi, vous ouvrez aussi des moteurs, nettoyez une soupape ou deux changez quelques pièces et vous la remettez à sa place. Alors, comment se fait-il que vous gagniez 2500 $ par heure alors que je ne gagne que 25 $ ? Ca n’est pas juste, ne pensez-vous pas ?”
En lui prenant les clés, le chirurgien dit gentiment : “La prochaine fois, essayez de réparer le moteur alors qu’il tourne.”

Les ados sont comme ça : réviser le moteur alors qu’il tourne. C’est l’une des périodes les plus clés de notre vie, parce que c’est la période où nos habitudes de base, nos défenses, nos mécanismes de survie, même nos peurs et nos phobies, deviennent en quelque sorte permanents. Les ados qui sont capables d’investir leurs énergies au bon endroit ou dans la bonne cause tiennent longtemps et mènent généralement une vie plus accomplie que leurs camarades.

Alors, qu’est-ce qui les différencie principalement ? Pourquoi certains enfants sont si bien dans leur peau alors que la plupart d’entre eux semblent vivre péniblement ? Pourquoi la plupart des parents éprouvent des difficultés pour communiquer avec leurs enfants et vice-versa ? Et pourquoi la plupart des questions ressemblent à des exigences des deux côtés ? Ce n’est pas que les adolescents ne veulent pas écouter (chose que j’entends constamment de la part des parents), c’est juste qu’ils font vraiment trop de choses. Il y a des embarras, des choix et de la pression sociale à chaque pas.

Tant que même la plupart des parents sont confus. Ils ne savent pas quoi dire à leurs enfants ni comment ni combien dire. Je l’ai vu dans les yeux des parents : leur désespoir d’aider leurs enfants et leur désespoir d’être incapables de le faire.
De plus, d’une manière générale, la plupart des ados éprouvent une certaine coupure d’avec leurs parents. Le résultat final est que très peu ont quelqu’un avec qui parler ou quelqu’un à admirer. Et qui que ce soit qu’ils approchent commence à leur donner des conseils. Cela n’est pas toujours bon parce que, plus que des conseils, ils ont besoin d’empathie, ils ont besoin qu’on les écoute.

Plus tôt ce mois-ci, lors de la retraite de méditation, environ 75 participants âgés de 25 à 81 ans se sont plongés dans l’art de la méditation et au développement des vertus essentielles comme la compassion, la discipline, la concentration, et ils ont décidé de mener une vie plus satisfaisante et heureuse. Une chose qui revient constamment lors de mes entretiens, c’est : “J’aurais souhaité avoir cette direction quand je grandissais. Je serais aujourd’hui quelqu’un de différent.” Cette déclaration ‘a toujours fait m’arrêter et réfléchir. C’est vrai. Quand j’ai affaire à des adultes, leur voie est pratiquement tracée, Ils ont déjà beaucoup appris de par leurs expériences, ils veulent changer mais trouvent cela de plus en plus difficile. Pour eux la vie est déjà passée sous le broyeur.

Qu’en serait-il s’ils avaient trouvé une instruction quand ils étaient encore jeunes, avant de développer les habitudes ont-ils veulent se défaire maintenant ? Qu’en serait-il si, en grandissant, ils pouvaient écouter leur propre voix; qu’en serait-il s’ils pouvaient apprendre comment traiter les distractions et la pression sociale; qu’en serait-il s’ils pouvaient maîtriser l’art de la discipline et apprendre à avoir confiance en eux ? Au cours des quatre dernières années, de nombreux lecteurs de diverses partis du monde m’ont demandé à plusieurs reprises de me rendre disponible pour les jeunes adultes, de me mettre directement en communication avec eux.

A la lumière de ce qui a été dit plus haut, j’ai décidé de tenir la première retraite de transformation de soi pour les ados de l’Inde du 23 au 26 mai 2015. Dans cette retraite, je me concentrerai sur la manière d’inculquer la discipline et la méditation pour évoluer intérieurement et avoir de la force intérieure, sur la manière de vaincre les distractions et la procrastination, et sur la manière de faire face à la pression sociale.

Paix.
Swami

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