Il y a quelques jours, un lecteur, Saurabh Anand, a posé une question dans le Swaminar, une fonctionnalité de l’application Black Lotus dans laquelle tout utilisateur peut me poser une question, consulter les requêtes des autres et voir mes réponses dans l’application elle-même. Il a écrit:

Pouvez-vous me dire en détail votre programme d’exercice/yogasana et votre régime pour que nous puissions, comme vous, maintenir notre corps en bonne santé et en forme ?

C’est une question flatteuse, car mon corps n’est pas exactement ciselé comme Hercule ou un ancien dieu grec, mais oui, je suis généralement au sommet de ma forme physique qui, à mon avis, existe à trois niveaux : émotionnel, physique et mental. Dans ce message, je me limiterai à la question ci-dessus et ne me concentrerai que sur la forme physique.

Exercice

Entre 20 et 28 ans, jai mené une vie très mouvementée mais physiquement très active. Cela incluait le jeu du badminton jusqu’à 20 heures par semaine, associé à un entraînement d’endurance de 5 heures par semaine avec un entraîneur. J’ai l’impression que, même aujourd’hui, je récolte les fruits d’une vie saine à l’époque. Grâce à l’exercice, vous construisez une relation amicale avec votre corps.

Actuellement, j’essaie de faire de l’exercice 3 à 4 jours par semaine pendant environ 45 minutes pour chaque session. Pour mon entraînement, j’utilise une application qui s’appelle Trainerize. Mon entraîneur personnel, un homme merveilleux, compétent et gentil, Jonathan Repasch, charge mes entraînements dans cette application et surveille mon respect (ou son absence) de l’horaire. Je ne fais que suivre les exercices qu’il définit dans l’application. J’ai toujours cru au pouvoir des bons conseils. Lorsque vous avez envie de faire quelque chose, vous pouvez trouver de bonnes ressources ici et là sur Internet, mais au final, si vous voulez faire de sérieux progrès, faites toujours appel à un expert. Un bon entraîneur ou un bon mentor peut faire toute la différence.

Est-ce que je fais traîner les choses ? Oui. Par exemple, je ne peux jamais écrire mes articles de blog à l’avance. D’une manière ou d’une autre, je ne trouve le temps qu’un jour avant l’échéance. Il en est de même avec mes livres. Ah… la joie (et la culpabilité) de la paresse, et trouver ensuite des raisons pour justifier votre atermoiement rend la vie humaine intéressante.

Et pendant que j’y suis, laissez-moi vous donner la règle d’or de remise au lendemain : si vous devez le faire, ayez au moins l’air occupé.

Pendant mes voyages, je porte avec moi mes baskets, trackies, etc., et je ne reste que dans des endroits dotés d’une salle de sport entièrement équipée. Quand je suis à l’ashram, je travaille sur mon tapis roulant (c’est la seule table d’étude que je possède. De plus, j’ai un gymnase personnel qui m’a demandé dix livres, trois ans et le revenu total de mes droits d’auteur pour l’équiper. Veuillez reconsidérer l’option de carrière d’être un auteur). C’est un tapis roulant fixé à un bureau qui me permet de marcher lorsque j’utilise mon ordinateur. Rappelez-vous que vous n’essayez pas de courir comme Usain Bolt aux Jeux olympiques, mais de marcher doucement comme une personne âgée et satisfaite d’une promenade matinale dans les bois. Donc, oui, il est extrêmement facile de s’habituer à taper en marchant. Cela m’aide à être plus mobile dans ma vie par ailleurs sédentaire. Je ne fais pas de yogasanas. Mon programme d’exercices comprend des séances d’entraînement cardio-vasculaire et de musculation (pas de culturisme, seulement de l’endurance et de la forme physique).

Alors, est-ce que j’ai un pack de six beaux abdos ? Oui. C’est juste que ce n’est pas la version pour le commerce de détail, mais plutôt un paquet de six emballé en gros. Je sais, je sais, ce n’est pas idéal, mais bon, c’est mieux que le pack familial. Humour à part, chaque jour, je vais récolter un tronc fort au-dessus d’un ventre tonique.

Régime

J’apprécie un petit déjeuner savoureux. En fait, c’est l’un des repas les plus attendus de la journée. Littéralement. Pendant des années, j’ai eu la même chose tous les matins. Par ‘la même chose’, je ne veux pas dire que ça été cuit il y a huit ans, c’est fraîchement préparé. Je prends un bol de soupe à la tomate avec une paratha de blé entier (généralement fourrée au gobhi ou au panir). Ma soupe à la tomate est composée de 3 tomates cuites de taille moyenne, de 20 grammes de panir et de 4 amandes trempées, le tout mélangé. En plus, un peu de sel et de poivre noir. Si on n’en trouve pas, je prends la soupe avec un toast de blé entier. Et s’il n’est pas possible de faire ça, je prends juste la soupe à la tomate. Mais, jamais rien qui ait à voir avec du pain blanc. Parfois, lorsque je voyage, je mange un dosa ou un idli supplémentaire le matin. Sinon, Swami Vidyananda me fait me sentir mal du fait de ne pas manger ne serait-ce que dix pour cent de son régime du matin (je plaisante). Mon petit déjeuner est à 7h30 et parfois à 8h. Je me lève à 4h30 du matin, sauf les jours où je ne le fais pas (il y en a plusieurs).

Je déjeune à 11h30, déjeuner qui consiste généralement en un bol de pâtes ou un plat cuisiné autre qu’indiene, plus une salade. J’aime toutes les cuisines végétariennes du monde, à condition que le chef sache ce qu’il fait et ne m’utilise pas comme cobaye. Les pâtes peuvent être ou non de blé entier. Tant que tout est bien préparé, je l’apprécie. J’aime les plats bien présentés, qui me permettent d’apprécier mon repas et la compétence de celui qui l’a préparé tout en retirant plus de plaisir et d’alimentation de ce genre de repas.

Par ailleurs, quelle que soit la tâche à accomplir, j’ai le plus grand respect pour les personnes compétentes et déterminées et j’adore travailler avec elles. Je pourrais les admirer toute la journée. La compétence découle du souci du détail, d’une grande pratique, du fait d’apprendre de nos erreurs et de faire face à des défis.

Je mange mon troisième et dernier repas de la journée à 18 heures la plupart du temps ou à 19 h 30 après l’arti du soir quand je suis à l’ashram. Pour le dîner, je mange habituellement 3 ou 4 petits chapatis (toujours à base de farine de blé entier riche en son), avec un bol de lentilles et un subzi( un l’égume) . Voici une courte vidéo de Swami Vidyananda préparant mes chapatis, au cas où cela vous intéresserait. Cela a été filmé par une personne intelligente et réfléchie, Alok Sharma, lorsque nous étions à Singapour.

Voici mes dix principes que je ne viole pas, sauf dans la plus rare des rares circonstances. Jamais :

  1. sauter mes repas.
  2. manger des aliments frits.
  3. manger des féculents ou des aliments transformés.
  4. me gaver de trucs sucrés.
  5. boire des boissons gazeuses en bouteille de toute nature (sauf, rarement, de l’eau gazeuse).
  6. avoir deux plats consécutifs qui ne sont pas de blé entier.
  7. rester chez quelqu’un. J’ai besoin de mon espace personnel pour manger, travailler, rencontrer des gens et faire de l’exercice. De plus, plus important encore, je suis extrêmement mal à l’aise, ce qui cause des inconvénients inutiles aux hôtes.
  8. séjourner dans un hôtel qui ne peut pas me proposer l’environnement approprié pour pouvoir rester fidèle à mes habitudes de sommeil, de régime et d’exercice (je voyage beaucoup, c’est donc important pour moi).
  9. manger sans dire les grâces. J’aime tout offrir à la Mère Divine avant de manger.
  10. Je pense toujours au dixième principe. J’ai écrit dix parce que ça a l’air plus prophétique. Je plaisante… mon dixième principe est que je ne mange jamais de façon excessive.

Peu importe ce que je peux manger, où je peux me trouver ou quel peut être le goût de la nourriture, quelle que soit ma faim, je ne mange jamais de façon excessive. Je mange environ 50% de ma capacité au petit-déjeuner, 70% au déjeuner et moins (~ 60%) au dîner. Parfois, je peux manger une pizza (au feu de bois, à croûte mince, de préférence au blé entier) ou un hamburger pendant mes voyages, mais c’est à peu près tout. J’adore l’Inde à cause des nombreux choix de plats délicieux végétariens que l’on peut trouver partout.

J’essaie de manger sainement comme si je faisais un yajna et chaque bouchée est une offrande de feu faite à jatharagni, le feu digestif. Je ne prends aucune sorte de thé depuis 2002, ni boisson sucrée depuis 2005. Je bois parfois de l’eau de citron vert fraîchement préparée (avec du sucre et du sel) lorsque je voyage ou que je parle beaucoup. Cela m’aide à rester hydraté. Après avoir cessé de prendre du café pendant 11 ans, j’en ai récemment repris et j’adore le café. Ça fait  beaucoup de bien à mon cerveau (pour changer, ça marche maintenant). Un coup de café expresso ou un cappuccino à faible teneur en lait, plus semblable à un macchiato, 3 à 4 fois par semaine, c’est mon truc. J’aime le préparer moi-même sauf si je voyage, auquel cas je me débrouille avec tout ce qui est servi. Si ça me plaît, je le bois, autrement je me contente de marmonner et de me plaindre dans la tête, de faire un grand sourire et de le laisser de côté.

Je prends parfois des suppléments vitaminés, mais cela fait presque un an que je n’en ai pas pris. C’est aussi le cas avec la protéine végétalienne. J’adore le yaourt, mais je n’en mange que de temps en temps et pas plus d’une cuillère ou deux car il ne convient pas à mon corps. Je ne bois pas de lait (sauf un peu dans mon café). Je m’abstiens de manger toutes sortes de friandises indiennes, à l’exception parfois de préparations maison qui sont étonnamment bien préparées. Je mange rarement un dessert entier, généralement une cuillère ou deux. J’admire les Français pour les portions qu’ils font. Ils ont compris ça.

Mes trois repas sont comme un trikal-sandhya, donc je ne grignote pas entre les repas. Lors des jours où il y a des évènements à l’ashram, quand je dois parler pratiquement sans arrêt, je mange un sandwich au blé entier à 17 heures, mais ensuite je retire deux chapatis de mon dîner à 19h30. Les nutritionnistes ont dit que le bon grignotage était essentiel, mais je n’aime manger qu’à l’heure préréglée. A tout le moins, j’aime bien grignoter ma fierté pour ne jamais oublier que je suis un tout petit grain de poussière. Je ne dois jamais oublier mes racines.

J’essaie de faire la sieste l’après-midi, bien que ce ne soit pas toujours possible, à cause des voyages et des autres engagements. Pourtant, je peux la faire 70% du temps. Je ne peux pas vous dire à quel point je jouis de ce temps-là en toutes saisons. Cela me coupe du travail et de tous les gens qui sont autour de moi et c’est l’un des plus grands avantages d’être sannyasi. Quand je travaillais dans le monde de l’entreprise, je ne trouvais jamais le temps de faire la sieste (de toute façon c’était inutile car je passais la plupart de mes journées à dormir… c’est pour les professionnels, n’essayez pas de faire ça sur votre lieu de travail).

C’est à peu près tout pour ce qui concerne mon régime alimentaire et ma routine d’exercice.

Notre corps est un sanctuaire. Oui, il est transitoire, de plus en plus détérioré, mais il est aussi sacré. Il mérite notre attention et notre soin. Tout ce qui est beau dans les cinq perceptions du toucher, du goût, de l’odorat, de la vue et du son, nous le vivons à travers notre corps. Si vous prenez soin de votre corps en mangeant, en faisant de l’exercice et en dormant bien, vous serez récompensé dans tous les domaines.

C’est un long article, mais si j’ai réussi à vous faire rire un peu et s’il a procuré une motivation ne serait-ce qu’à un seul lecteur pour qu’il mène une vie plus saine et plus disciplinée, j’ai fait mon travail.

Paix.
Swami

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