Le mois dernier, j’ai rencontré un couple qui avait un enfant autiste. Ils ne sont venus que pour chercher des bénédictions. L’autisme est un sujet qui me tient beaucoup à coeur. En 2012, j’ai réalisé une vidéo pour dépeindre la vie d’un enfant autiste, basée sur une histoire qui a valu un prix à Purnima Ram Kiran, une noble personne. Vous pouvez la regarder ici. Je ne peux pas tout à fait dire que je comprends exactement les défis des parents et des frères et soeurs des enfants autistes parce que je n’ai pas vraiment d’expérience de première main dans l’éducation des enfants qui ont des besoins spéciaux. Mais avant mon renoncement, j’ai été étroitement concerné par de nombreux enfants autistes. Chaque jour est un nouveau jour. Quelque part, nous avons tous connu le fardeau de l’intégration quand nous ne la voulons pas. Eh bien, ce n’est que l’une des pressions à laquelle un autiste doit quotidiennement faire face selon l’endroit où il se trouve sur le spectre de l’autisme.

Les parents que j’ai rencontrés récemment me disait comment, même aujourd’hui avec tous les medias et la sensibilisation, une importante partie de la société n’apprécie pas et comprend encore moins leur defi. Elle a dit :

Je sais bien que tout le monde est occupé et connaît déjà assez de stress. Je ne m’attends pas à ce qu’ils sachent ce par quoi je passe la plupart des jours ni à ce qu’ils prétendent que tout est normal. Pour parler honnêtement, je suis aussi parfois fatiguée Et je ne sais pas comment y faire face. Même lui (son mari) va au travail et il fait une pause, mais je suis la seule à la maison à m’occuper de notre fils. Je ne me plains pas, je sais que mon fils est unique. Mais, dites moi Swami, pourrai-je me reposer un jour ? Je sais que mon fils ne peut pas aller à leur rythme. Et pourquoi le devrait-il? Vont-ils jamais comprendre ce que c’est que d’être à sa place ou quel défi c’est pour moi en tant que parent ?

Je l’ai écouté silencieusement. Je savais d’où elle venait. Notre société va vite pour classer les gens de stéréotypes communs. Si vous n’y correspondez pas, elle ne vous accueillera pas.
Cela peut parfois être une bonne chose, mais si une fois vous avez été classé dans une catégorie d’une manière ou d’une autre, vous êtes censé d’y rester. Des changements en vous peuvent la rendre mal à l’aise. Nous aimons la cohérence, la constance et la prévisibilité dans tous les aspects de notre vie. Moins nous avons foi dans le jeu divin, et moins nous faisons confiance aux forces mystérieuses de Mère nature, et plus nous sommes stressés. Quand nous perdons contact avec la source, nous mettons sur nous-mêmes une pression énorme pour tout réparer. Puis nous voulons tout planifier, tout savoir, tout comprendre, et nous voulons toujours garder le contrôle.

Pour en revenir à mon échange avec les parents, lorsque la mère m’a posé ces questions, je me suis rappelé d’une belle allégorie d’Emily Perl Kingsley. La voici:

On me demande souvent de décrire l’expérience qui consiste à élever un enfant handicapé – afin d’essayer d’aider les personnes qui n’ont pas partagé cette expérience unique à la comprendre, à imaginer . ce qu’ils ressentiraient. Voilà….

Lorsque vous allez avoir un bébé, c’est comme de planifier un fabuleux voyage de vacances– en Italie . Vous achetez un tas de guides et vous faites des projets merveilleux. Le Colisée. Le David de Michel-Ange. Les gondoles à de Venise. Vous apprenez quelques phrases utiles en Italien. Tout cela est très excitant.

Après des mois d’attentes, le jour arrive enfin . Vous faites vos baggages et vous partez. Quelques heures plus tard, l’avion atterrit. L’hôtesse arrive et annonce :
« Bienvenue en Hollande. »

« Holland ?!? » dites-vous. « Que voulez vous dire par Hollande ?? Je me suis enregistré pour l’Italie. J’ai rêvé toute ma vie d’aller en Italie. »

Mais il y a eu un changement dans le plan de vol. Nous avons atterri en Hollande et vous devez y rester. L’important, c’est que l’on ne vous ait pas conduit dans un endroit horrible, répugnant, sale, plein de pestilence, de famine et de maladies. C’est juste un endroit différent.

Donc, vous devez sortir et acheter de nouveaux guides. Et vous devez apprendre une toute nouvelle langue. Et vous allez rencontrer un tout nouveau groupe de personnes que vous n’auriez jamais rencontré.

C’est juste un endroit différent. Le rythme est plus lent et c’est moins tape a l’oeil que l’Italie . Mais après y avoir passé quelque temps, vous reprendrez votre souffle, vous regarderez autour de vous…. et vous commencerez à remarquer que la Hollande a des moulins à vent … et que la Hollande a aussi des tulipes. La Hollande a même des Rembrandts.

ceux que vous connaissez, eux, vont et viennent en l’Italie… et ils se vantent tous du merveilleux temps qu’ils ont passé là-bas. Et pour le restant de vos jours, vous direz : « Oui, c’est là où j’étais supposé aller. C’était ce que j’avais prévu. »

Et cette peine ne partira jamais, jamais, jamais … car la perte de ce rêve est une perte considérable.

Mais… si vous passez votre vie à regretter de ne pas être allé en Italie, il se peut que vous ne soyez jamais libre pour profiter des choses très spéciales, très belles … que ce pays a à vous offrir.

Une des phrases les plus importantes de cet écrit est “la perte d’un rêve”. Nous faisons tous des rêves. Rêves sur ce que ma vie deviendra, rêves de tout ce que j’aurai, rêves sur qui je serai, sur la manière dont j’aimerai et serai aimé, etc. Nous comparons souvent notre bonheur avec l’accomplissement de nos rêves. Mais la vérité est que la nature ne rêve pas ni ne prend grand soin de nos rêves. Tout simplement parce que nous en avons trop. Nos rêves sont nos désirs que nous souhaitons voir se réaliser. Ils ne s’arrêtent jamais. Nous voulons toujours les voir satisfaits, nous voulons les vivre tous les jours.

C’est tout à fait bien de rêver. Il est humain de se sentir triste d’autres s’emparent de nos rêves, quand l’adversité les brise ou quand ils se perdent à la réalité . Vous avez le droit d’être déprimé, et de pleurer ce que vous avez perdu. Mais la vie ne va pas changer parce que nous n’aimons pas ce qu’elle nous a servi. La seule façon d’être heureux est d’ajuster notre goût ou de préparer nous-mêmes notre repas.

Il n’est pas donné à tout le monde d’avoir une travail facile dans une organisation. Quelqu’un doit faire aussi ce qui est difficile. De même, dans l’Organisation Universelle, la nature prend ceux qui sont forts pour s’occuper des tâches éprouvantes. Peut-être a-t-elle confiance en votre force et en votre patience et qu’elle vous a choisi pour élever un enfant qui a des besoins spéciaux. Et croyez-moi, si vous êtes destiné à remplir une cause certaine de la Nature, elle vous fera faire le travail prévu sans se soucier de vos préférences. Vous pourrez résister à de toutes vos forces, qu’elle ne elle ne fera pas attention à vos cris. A partir du moment où vous l’acceptez, vous jouirez d’une grande capacité et d’une grande force. Vous deviendrez plus grand que vos défis.

D’ailleurs, tous les jours d’hiver ne connaissent pas le soleil. Quand il fait doux et soleil, sortez. Lorsqu’il fait froid et brumeux, prenez une boisson chaude et appréciez la fraîcheur que seul le froid peut offrir. Dans la course sans fin qui consiste à chasser nos rêves, nous oublions de voir à quel point la vie est un beau rêve. Hollande ou Italie, peu importe tant que vous vivez avec un sentiment de gratitude. Cela dit, les parents d’enfants qui ont des besoins spéciaux sont eux-mêmes spéciaux dans tous les sens du terme, pour leur immense courage et leur immense patience. Contrairement à « quelqu’un de normal » ils ne se découragent pas même s’ils savent qu’au réveil le lendemain ils recommenceront tout. Ils méritent toute aide que nous pourrons leur apporter. Je les salue.

Notre monde est une seule et grande famille et si, pour une question de principe, nous prenons soin de la personne qui est à côté de nous, plus de la moitié des problèmes du monde disparaîtront et la plupart d’entre nous dormirons en paix.

Paix.
Swami

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