“Lieutenant,” avertit le commandant,” n’y retournez pas.”
“Je suis désolé,” mon commandant, dit le lieutenant, “mais je le dois.”
“Vous désobéissez à mes ordres.” De plus, “il doit être mort maintenant.”
“Je suis désolé,” mon commandant, “mais je dois retourner sauver mon ami.”

La légende dit que c’est vraiment arrivé. Lors de la guerre du Vietnam, une compagnie de soldats US a échoué dans une zone ennemie et s’est retrouvée sous un gros feu. Tous, dans le groupe, se sont débrouillés pour s’échapper sans être blessés, sauf un soldat qui avait été mortellement blessé. John, un lieutenant, insistait pour retourner secourir son ami. Le commandant lui a interdit de le faire mais John a été inflexible.

“Vous connaissez le code,” a hurlé le commandant. “Je vous ordonne de ne pas y retourner ou sinon ce sera votre dernier jour dans l’armée.”
“Vous pouvez me renvoyer,” commandant, “mais je dois y retourner.”
:Vous le regretterez toute votre vie, Lieutenant.”

Sans prononcer aucune autre paroles, violant les règles, le protocole et ignorant les ordres de son supérieur, le jeune lieutenant s’est précipité vers la zone assiégée. Il s’est frayé un chemin jusqu’à son ami haletant. Ils ont échangé quelques mots inaudibles sous le bombardement et le feu incessants. Contre toute probabilité, John a mis son ami sur son dos comme un sac à dos et a marché en faisant attention sur le terrain difficile. Mais le temps qu’ils parviennent au camp, son ami avait déjà rendu le dernier soupir.

“Qu’est-ce que je vous avais dit,” cria le commandant. “Est-ce que ça valait le coup de risquer votre vie pour sauver un mort ?”
“Commandant, ce n’est pas un mort mais un martyr,” a doucement répondu le lieutenant. “Je suis énormément content d’être retourné parce que mon ami et camarade soldat qui mourait m’a fermement agrippé la main sans arrêter de dire une seule chose.”

Il y a eu un court silence et même le commandant s’est adouci un moment.

“Commandant,” a continué le lieutenant,” il a dit,”Je savais que tu reviendrais pour moi.” C’est tout ce qu’il a dit, commandant. Et ça valait plus la peine que tout le reste.”

La plupart d’entre nous dirigeons notre vie et nos relations sur la base de promesses que nous faisons ou qui nous sont faites. Promesse est peut-être synonyme d’espoir, car les espoirs de ceux que nous aimons reposent sur les paroles que nous donnons. S’engager est un rôle facile, que ce soit une résolution de nouvelle année ou la lecture de nos voeux de mariage à l’autel sacré, ce qui est difficile, c’est de les honorer. Mais nous devons les honorer. A chaque fois que nous tenons notre parole, nous grandissons un peu plus. Non seulement cela donne une énorme impulsion à notre volonté, mais cela nous rend aussi plus spirituels.

Il ne fait aucun doute que tenir une parole peut vous vider. Particulièrement lorsqu’une lutte intérieure a lieu quand votre mental veut faire une chose mais que votre cœur s’en tient à une autre, quand les émotions dépassent la raison. Ceci étant dit, même une heure à la gym ou la cuisson d’un repas à la cuisine peut être quelque chose d’épuisant et pourtant, si nous voulons avoir une bonne santé et une nourriture fraîche, nous faisons ce que nous devons faire. Tenir une parole n’est pas différent; cela peut ne pas être joyeux ni désirable, mais en fin de compte cela nous laisse avec un sentiment sublime de fierté et d’accomplissement.

Pouvoir mettre la main sur votre coeur et dire : “J’ai fait du mieux que j’ai pu; j’ai vécu selon ma promesse”, non seulement cela stimule votre estime de vous-mêmes et votre moral, mais cela vous prépare également à relever de plus grands défis de la vie avec une certaine aisance.

Il y a de plus une bonne raison spirituelle pour tenir notre parole : nous nous rapprochons de la divinité en nous. Toute promesse que nous faisons n’est pas nécessairement un pacte entre nous et les autres, mais c’en est un entre nous et le Divin (appelez-le Dieu, Univers ou tout ce que vous voulez). Car, en analyse finale, ce n’est pas entre nous et eux. Au lieu de cela, c’est entre nous et nous seuls. Il y a deux ans, j’ai cité un beau poème de Keith M Kent (ici). Ce poème dit pourquoi et comment ce que nous faisons et disons ne doit pas fluctuer en fonction de ce que les autres font pour nous. A tous moments, nous devons agir d’une manière qui nous convient.

Le père mourant de Mulla Nasurdin était déterminé à emmener sa richesse avec lui dans l’autre monde.
“Promettez-moi,” dit-il à l’imam en lui donnant un sac qui contenait 100.000 $ en espèces, “que vous mettrez cet argent dans le cercueil avec mon corps mort.”

Il donna un autre sac qui contenait 100.000 $ à son médecin ainsi qu’un autre à Mulla à la même condition. Chacun d’eux lui promit de faire le nécessaire. Six mois après sa mort, ils se réunirent et l’inévitable sujet arriva.

“Je suis un peu honteux de le dire,” confessa l’imam, “mais j’avais besoin d’argent pour restaurer la mosquée, alors je n’ai mis que 60.000 $ dans le cercueil.”
“Vous êtes encore meilleur que moi,” dit le médecin. “J’ai pris 75.000 $ pour mes propres besoins et je n’ai gardé que 25.000 $ pour le cercueil.”
“Et vous, Mulla?” lui demandèrent-ils du fait qu’ils les avait regardés avec un air dégoûté.
“Qu’est-ce que vous croyez?” dit Mulla comme s’il les réprimandait. “J’ai tenu ma promesse et j’ai mis toute la somme dans le cercueil.”
“Tous les 100.000 $, s’exclamèrent les deux autres ?”
“Bien sûr!” dit Mulla. “En fait, pour lui épargner le souci de trimballer tout cet argent, je lui ai, fait un chèque. Il pourra l’encaisser quand il le voudra.”

Comme le père de Mulla, nous recherchons parfois des promesses absurdes qui ne profitent à personne d’autre sinon qu’elles nous donnent un faux sentiment de confort. Et d’autres fois, comme Mulla, nous trouvons des échappatoires à notre vérité pour que cela nous convienne. D’une manière ou d’une autre, cela nous affaiblit spirituellement. La manière la plus simple de tenir vos promesse, c’est d’abord d’être conscients des paroles que vous prononcez et ensuite de les tenir au fil des jours. Tout ce que j’ai à faire, c’est de tenir ma promesse aujourd’hui, à cette heure, à cette minute. Je dois juste l’honorer d’un moment à l’autre, d’une inhalation à la suivante. Lorsque nous vivons avec une telle conscience, nous pouvons survivre avec grâce toute une vie avec nos serments intacts. C’est le secret de la force et de la réalisation spirituelles.

Qu’en est-il si nous avons tenu nos promesses comme la nature tient les siennes ? Un ordre naturel se manifestera automatiquement dans notre vie. Je vous accorde qu’en de rares occasions, la nature trébuche aussi (comme une averse inattendue ou une vague de chaleur en hiver, etc.), mais la plupart du temps elle honore ses saisons. Si chacun d’entre nous fait des efforts sincères pour respecter notre parole, notre monde deviendra de plus en plus beau et indulgent. Faiblir n’est qu’humain, pardonner est divin. Faiblir de nouveau est irresponsable. Et pardonner de nouveau… pourrait être de la co-dépendance ou de la suprême compassion.

Au milieu de toutes les distractions et de toutes les tentations, nous avons le devoir de prendre soin de parler et d’agir avec sincérité.

Tenir une parole d’honneur, c’est construire un monde d’honneur.

Paix.

Swami
P.S. Je suis sorti de ma longue solitude et, comme promis, j’ai médité chaque 2ème et 4ème samedi à 6 pm IST (sauf un samedi de mai où cela a échappé à mon esprit) pour participer à la méditation mondiale Black Lotus . Je n’avais pas d’accès à Internet mais je me suis assis à l’heure convenue pur méditer avec tous ceux qui étaient en ligne. C’était magnifique.

Partagez avec vos amis: Share on Facebook0Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn0Google+0Email to someone