Soyez patients avec moi, car j’écris aujourd’hui sur l’un des sujets les plus importants. Ce que j’écris est peut-être la seule chose que vous aurez jamais besoin de savoir. Je sais bien que c’est d’une grande prétention mais, si tout va bien, le temps que vous arriviez au bout de ce courrier et vous aurez une nouvelle perspective. Mes lecteurs qui lisent ma biographie me demandent comment il se fait que je n’aie pas été (ou que je ne suis pas) en colère avec mon guru ? Ils demandent pourquoi j’ai souffert à sa place ce que j’ai enduré ? Je vais vous donner ma réponse en une seule phrase : je ne vois pas comment avoir de la rancune envers quelqu’un ou conserver de la colère à propos de quelque chose pourrait être bon pour qui que ce soit. Je suis resté chez lui par choix, peut-être un choix naïf, mais c’était un choix conscient. Et je dois porter toute la responsabilité de mes choix.

Quand j’ai écrit Trahison de la Confiance en réponse à une question, cela n’avait aucun rapport avec Swami Satyananda (comme l’ont cru certains lecteurs que cela a bouleversé), ni avec mon guru, ni avec aucun autre guru. Mon courrier disait seulement de ne pas faire la sourde oreille à votre voix intérieure, il vous disait de vous assurer de vérifier la personne avant de lui faire confiance, il ne concernait que vous. Parce qu’en fin de compte nous sommes responsables de notre conduite et ils sont responsables de la leur. Et si vous allez un peu plus loin, il n’y a réellement pas de nous ni de ils. Le même Divin demeure en tous. Quand vous faites tomber le voile de l’ego, de l’egoïté, il n’y a pas de distinction.

Chacun de nous est une entité identique dans la création infinie, comme les gouttes de l’océan. Avant d’expliquer la chose la plus importante que vous ayez à mon avis jamais besoin de connaître, il existe un petit poème appelé “Les Commandements Paradoxaux” de Kent M Keith qui est parfois attribué à Mère Teresa parce qu’il était accroché sur le mur d’un foyer pour enfants où elle a servi la plus grande partie de sa vie. La version que je partage ci-dessous est légèrement modifiée par rapport à l’original et on l’appelle plus couramment La Dernière Analyse.

Les gens sont souvent déraisonnables, illogiques et égocentriques,
Pardonnez-leur quand même.
Si vous êtes gentil, on peut vous accuser d’avoir des motivations et des arrière-pensées égoïstes,
Soyez quand même gentil.
Si vous réussissez, vous gagnez quelques faux amis et quelques vrais amis,
Réussissez quand même.
Si vous êtes honnête et franc, les gens peuvent vous tromper,
Soyez quand même honnête et franc.
Si vous passez des années à construire, quelqu’un pourrait détruire au cours de la nuit,
Construisez quand même.
Si vous trouvez la sérénité et le bonheur, les gens pourraient être jaloux.
Soyez heureux quand même.
Le bien que vous faites aujourd’hui, les gens l’oublieront souvent demain,
Faites du bien quand même.
Faites quand même de votre mieux pour le monde.
Voyez-vous, en dernière analyse, ce n’est pas entre vous et eux,
C’est entre vous et Dieu.
De toute façon, cela n’a jamais été entre vous et eux.

Nous avons souvent affaire à des situations conflictuelles dans la vie, nous devons de temps à autre faire des choix, des choix qui affectent notre présent et qui donnent forme à notre avenir. Cela ne fait aucun doute que les actions et les choix de nos parents, des membres de notre famille et des autres gens autour de nous ont aussi un impact sur notre vie. Mais la vérité demeure que notre vie est pour la plus grande part le résultat de nos pensées et de nos actions et non de celles des autres. Et les choix ne sont pas toujours entre le blanc et le noir, la voie n’est pas toujours claire. La question est de savoir comment nous devons nous comporter quand on nous fait du tort ou qu’on nous maltraite. Ne devons-nous pas le rendre aux autres quand nous avons la certitude qu’ils sont déraisonnables ? Ou devons-nous suivre la formule de Gandhi de tendre-l’autre-joue ?

Voici mon avis. Nous souffrons lorsque nous tenons les autres pour responsables de nos choix. Nous souffrons lorsque nous pensons que le monde nous doit quelque chose. Pour la majorité des choses que nous voulons dans notre vie, qui vont de la richesse et du statut à l’amour et au respect, nous devons les gagner. Personne ne nous doit quoi que ce soit. Oui, oui, je sais, vous allez dire que si vous avez fait beaucoup pour des gens, ils devraient avoir un certain devoir de faire attention à vous. Peut-être. Le fait est qu’ils sont responsables de leurs actions et vous des vôtres. Nous ne pouvons pas dire que nous les avons maltraités parce qu’ils nous ont maltraités.

Il y avait une fois un homme qui avait fait un emprunt de 5.000 $. De cette somme, il prêta 4.000 $ à un ami qui en avait besoin d’urgence. Il utilisa les 1.000 $ qui restaient pour ses affaires personnelles. Un mois plus tard, le directeur de la banque demanda le remboursement.
“Est-ce que ça ira si je vous verse seulement un acompte de 1.000 $ et pas toute la somme, parce que je n’ai utilisé que 1.000 $ ?” dit-il au directeur. “Mon ami a emprunté le reste.”
TLe directeur ne fut pas content. “Ecoutez, c’est à vous que j’ai fait un crédit et je ne suis pas responsable de ce que vous en avez fait. J’ai besoin du remboursement de toute la somme”, dit-il.

De la même manière, en dernière analyse, la Nature dira : “Je vous ai donné le corps et l’esprit et ce que vous en avez fait était de votre responsabilité.” A ce moment-là vous ne pourrez pas dire : “J’ai fait du tort parce qu’on m’a fait du tort.” Car, dira-t-elle, “Ce qu’ils ont fait est leur affaire, je leur parlerai séparément. Je ne m’occupe que de votre compte.” Pour parler en images, bien entendu. Nous ne pouvons pas prendre leurs fautes pour justifier notre mauvaise conduite. Chacun d’entre nous est responsable des transactions faites sur notre compte karmique.

Permettez-moi enfin de vous dire la seule chose que vous aurez jamais besoin de connaître. Voici : dans toute situation, vous devez vous comporter de la manière qui vous convient. Suivez ce principe et vous saurez distinguer le bien du mal, vous saurez quel choix faire. Quand on provoque en vous de la colère, de la haine ou d’autres émotions négatives, posez-vous à ce moment-là une simple question : si je pouvais faire un choix tout à fait indépendant, qui ne soit pas influencé par la conduite et les actions de l’autre, comment me comporterais-je ? Vous verrez presque toujours que vous pouvez vous comporter à votre manière, que vous n’avez pas à vous conduire d’une manière différente. Ceux qui sont purs, ceux qui sont nobles, ne jettent pas de pierres quelles que soient les actions de l’autre. De plus, les pensées, paroles et actions violentes ne font qu’augmenter et ne diminuent jamais quand on y répond avec violence. La violence n’est pas la voie de Swami.

Conduisez-vous de la manière qui vous convient. Toujours, en toutes circonstances, avec qui que ce soit. Maintenant, s’il vous plaît, réfléchissez au genre de comportement qui convient à une personne de votre stature. C’est fait ? Vivez-le.

C’est la seule chose que vous aurez jamais besoin de savoir. Le seul mantra. Le reste, c’est du commentaire.

Paix.
Swami

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