Des centaines de disciples d’un certain maître s’étaient assemblés dans un monastère. Ils étaient là pour pouvoir l’entrevoir, pour entendre ses paroles de sagesse, pour apprendre la méditation etc. Ils voulaient savoir en particulier comment être heureux dans ce monde toujours stressant; y avait-il même un moyen?

Le maître écouta patiemment leurs questions et il commença tranquillement son discours sur le bonheur. Il s’arrêta au milieu de son sermon et tendit un ballon à chacun des cinq cents présents.

“C’est le ballon du bonheur”, dit-il. “Gonflez-le et inscrivez-y votre nom.”

On se passa quelques crayons feutres et le travail put donc se faire.

“Une fois cela fait,” ajouta le maître, “allez mettre votre ballon dans la pièce vide à côté. ”

“Je vois ce que c’est,” dit un élève, “tôt ou tard le ballon va éclater ou se rétrécir de lui-même et c’est ainsi qu’est le bonheur. Il ne dure pas. Plus il est gonflé et plus vite il explose. Nous devons le protéger soigneusement.”

Le maître sourit au disciple impatient et lui fit signe de suivre les instructions. Ils allèrent un par un mettre leurs ballons dans la pièce d’à coté, revinrent et reprirent leurs places.

“Maintenant,” dit le maître quand ils furent tous installés, “allez chercher le ballon qui porte votre nom et ramenez-le ici. ”

Ils se levèrent tous et se précipitèrent dans l’autre pièce pour saisir leur ballon. C’était après tout un ballon de bonheur. On entendit bientôt des bruits de ballons qui éclataient, des disputes et des accrochages car chacun était occupé à chercher frénétiquement le ballon qui portait son nom. Cinq minutes plus tard, seule une poignée avait réussi à trouver son ballon. Plus par chance que par ordre.

Le maître leur demanda d’arrêter et de prendre n’importe quel ballon sans tenir compte du nom qui était inscrit dessus, et de l’apporter. En un rien de temps, tout le monde était de retour dans la pièce avec un ballon dans les mains.

“Appelez simplement le nom qui est sur le ballon,” dit le maître, “et donnez-le à celui auquel qui il appartient.”

Chacun tenait bientôt son ballon, à l’exception de ceux dont le ballon avait éclaté pendant le tumulte.

“Dans un monde où chacun de nous cherche le bonheur”, continua le maître, “le moyen de plus facile est de donner le leur aux autres et quelqu’un vous donnera le vôtre.”
“Mais que faire si quelqu’un d’autre fait éclater mon ballon ?” demanda l’un d’eux. “Je n’en ai pas.”
“Gonflez-en un autre,” répondit le maître en lui donnant un nouveau ballon.

Il n’y a peut-être pas de meilleure anecdote pour résumer l’essence du bonheur. Peu importe à quel point nous voulons croire pouvoir être heureux, ce même aux dépends du bonheur des autres; la vérité est que nous ne pourrons jamais être heureux en faisant de la peine aux autres. Vous pouvez peut-être prouver que vous avez raison, vous pouvez peut-être soumettre l’autre, mais pouvez-vous être heureux en le faisant? Je ne le pense pas.

Donnez-leur simplement leur ballon de bonheur et quelqu’un vous rendra le vôtre. Il se peut que l’autre ne vous rendre pas la pareille, mais la Nature le fera. La même personne peut ne pas vous rendre votre ballon, mais quelqu’un d’autre le fera. Et, pourriez-vous demander, qu’en est-il si personne ne vous donne votre ballon ? Qu’en est-il si, même si vous leur donnez leurs ballons, personne ne prend soin de vous rendre le vôtre ?

Dans ce cas-là, contentez-vous de faire votre bon karma et attendez patiemment. Un moment viendra où tout le monde aura son ballon et celui qui restera sera le vôtre. Il n’y a pas de tension, pas de précipitation si vous n’êtes pas là pour gagner une course. S’il vous est possible d’accepter que certains aient leurs ballons avant d’autres, alors cela ne vous ennuiera pas si vous obtenez le vôtre maintenant ou un peu plus tard.

Voici quelque chose d’important sur quoi réfléchir à propos de l’anecdote : les étudiants ne pouvaient qu’espérer trouver leur ballon s’ils en avaient d’abord gonflé un. Nous sommes aussi responsables de la création de nos ballons. Les autres ne peuvent pas créer le bonheur pour vous. Vous devez le créer vous-mêmes. Ils peuvent tout au plus vous le donner quand ils le trouvent. Mais si vous n’avez pas obtenu de ballon là-bas, quelque chose qui vous rende heureux, comment quelqu’un pourrait-il alors vous le donner ? L’autre ne fait que rendre le bonheur avec lequel vous vous êtes déjà identifié. S’il vous plaît, que ceci s’imprègne en vous : ils ne créent pas mais ils rendent nos ballons de bonheur.

Et qu’en est-il si quelqu’un d’autre a crevé votre ballon ? Allez en chercher un nouveau. C’est simple. Il n’y a pas à leur crier dessus ou à entretenir de l’animosité. Même s’ils le voulaient, ils ne pourraient pas réparer votre ballon, ce ne serait pas le même. Vous ne devez pas vous punir en restant déprimé ou malheureux. Il n’y a pas à éclater sur un ballon qui a explosé (jeu de mots intentionnel). Jouissez de l’explosion. Sortez et allez voir le monde. Il y a plein de ballons à y choisir.

Il ne manque absolument pas d’occasions, de voies d’accès à, et de sources de bonheur. Il y a tant de choses que vous pouvez faire dans ce monde et avec votre vie. Vous n’avez qu’à commencer simplement quelque part, ici, maintenant.

La vie passe trop vite. Vous pouvez vous réveiller un jour et prendre conscience que vous avez déjà vécu de nombreuses décennies de votre vie. Pourquoi perdre notre temps à crever les ballons des autres ou à ramasser une arête avec eux pour faire éclater le nôtre ? Finissons-en avec cela et marchons sur le chemin du bon karma. A chaque pas vous trouverez un ballon de bonheur.

Continuez de leur donner leurs ballons et vous resterez avec le vôtre et d’autres qui n’auront pas été réclamés. Quoiqu’il en soit, il est préférable de gonfler le ballon du bonheur avant que le ballon de la vie n’éclate. Ce qu’il fera en fin de compte.

Paix.
Swami

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