Il y a un proverbe bien connu selon lequel nous n’apportons rien en ce monde lorsque nous naissons et que nous n’emportons rien lorsque nous mourons. Peut-être, peut-être. Ce pourrait même être bien si c’était entièrement vrai. Le fait est qu’il y a beaucoup de choses avec lesquelles nous naissons et nous en emportons beaucoup avec nous. Car une chose : notre karma va avec nous. Que vous croyez en la réincarnation ou au paradis, nos actions déterminent largement notre avenir au-delà de notre durée de vie actuelle.

Pour en revenir à la naissance, nous ne venons certainement pas les mains vides en ce monde. Outre le corps avec cinq sens qui peuvent faire l’expérience du toucher, de l’odeur, du goût, du son et de la vue, nous naissons avec deux choses encore plus incroyables. D’abord la vie. Oui, nous naissons avec la vie qui bouillonne en nous. La vie qui est plus que la somme totale de l’inspiration et de l’expiration. Ce n’est ni une tâche fastidieuse ni une bagarre (pas besoin). Au début, la vie est magnifique et tout semble beau. Enfant, votre visage reluit, il y a un sourire sur vos lèvres, et même vos pleurs semblent mignons (la plupart du temps). L’enfant vit dans une crainte constante, comprenant la grandeur de la vie. Il ou elle n’a aucun plan pour l’avenir ni de culpabilité du passé. Il vit juste l’instant présent. Mais au fur et à mesure que vous grandissez, chaque jour qui passe brise un peu plus de vous-mêmes. Vous changez, vous devenez plus seuls, un peu plus négatifs, un tout petit peu plus fatigués.

Mais même si nous le voulons, il n’est pas possible de rester enfant à jamais. Parce que la seconde chose avec laquelle nous sommes nés se met entre notre détermination à vivre l’instant présent et le fait de le vivre vraiment. Nous voulons être comme un enfant, être positifs et aventureux. Nous ne voulons pas d’émotions de jalousie, de négativité ou de mépris. Nous voulons poser notre bagage, nous ne voulons pas nous soucier de l’avenir, mais une pensée et vlan… toute la beauté disparaît comme la lumière du soleil après le crépuscule. Ce deuxième aspect de notre vie est l’albatros que nous avons autour du cou. Et, pour le cas où vous ne l’avez pas déjà deviné, je parle du “mental”. Chacun de nous est né avec un mental. Un mental qui parle constamment. Une bouche à moteur.

Faites attention et vous découvrirez qu’il ne se tait tout simplement pas. Tant que vous voulez le premier cadeau (la vie) vous devez aussi supporter le second (le mental). Comme John Milton l’a écrit dans Le Paradis Perdu :

“L’esprit est à soi-même sa propre demeure, et en lui-même
il peut faire de l’Enfer un Paradis, un Enfer du Paradis.”

Si vous voulez en faire l’expérience, alors essayez et asseyez-vous seul paisiblement, dans le silence, et vous verrez que les pensées arrivent et vous attaquent en venant de toutes les directions. Des pensées la plupart du temps négatives, inquiétantes et déprimantes. Les bonnes pensées sont rares comme les pluies en hiver. Mais savez-vous quel est le summum de la pleine conscience ? C’est de vivre avec la sagesse qui dit que les pensées sont vides. Qu’elles n’ont en elles-mêmes aucun sens. Qu’elles sont dépourvues de quelque essence que ce soit. Ne les laissez pas vous faire marcher. C’est comme une TV, vous changez de chaînes et une chose ou une autre se passe sur chaque chaîne. Voilà comment est le mental. Vous n’avez pas à regarder ces chaînes.

Cette capacité de ne pas regarder ou d’ignorer vos pensées vient de la pleine conscience et la pleine conscience, ironiquement, s’obtient d’abord en regardant vos pensées. Il y a cependantune différence entre regarder vos pensées en tant qu’observateur indépendant (attentif)et le fait de les suivre. Une fois que vous maîtrisez l’art d ela pleine conscience, vous acquérez une contrôle extraordinaire sur votre mental. Vous prenez conscience que vous n’avez pas à écouter son bavardage incessant, que vous n’êtes pas obligés de répondre à son papotage vide de sens. Que de tenir de longues conversations dans votre tête avec un mental bruyant est un exercice qui ne rime à rien et qui est inutile. Pour citer Michael A Singer dans L’Âme Délivrée :

Vos pensées ont bien moins d’impact sur ce monde que vous aimeriez le penser. Si vous voulez être objectifs et regarder toutes vos pensées, vous verrez que la grande majorité d’entre elles n’ont aucune pertinence. Elles n’ont pas d’effet sur quoi que ce soit ou sur qui que ce soit, excepté vous. Elles vous font juste vous sentir mieux ou moins bien à propos de ce qui se passe actuellement, de ce qui s’est passé dans le passé ou de ce qui peut se passer à l’avenir. Si vous passez votre temps à espérer qu’il ne pleuve pas demain, vus perdez votre temps. Vos pensées ne changent pas la pluie. Vous en viendrez un jour à voir que ce bavardage intérieur incessant n’a pas d’utilité et qu’il n’y a aucune raison d’essayer constamment de comprendre quelque chose. Vous verrez en fin de compte que la cause réelle des problèmes n’est pas la vie elle-même. C’est l’agitation que fait le mental à propos de la vie qui cause vraiment les problèmes.

Vous avez déjà vu un jeune enfant jouer avec un jouet ? Alors qu’il joue il fait constamment un commentaire. Il parle aux figurines. Il exprime une gamme de sentiments et montre tout un tas d’émotions à ses jouets comme si les jouets étaient des entités vivantes. Le bavardage du mental est à peut près aussi sensé que le récit d’un bambin. Cette compréhension est le premier pas pour calmer votre mental. La méditation n’est pas de comprendre le mental. Il n’y a rien à y comprendre. Au lieu de cela, c’est de regarder votre mental de telle sorte que vous puissez apprendre à l’ignorer ou à le canaliser suivant votre volonté.

Quelqu’un m’a envoyé l’autre jour par courriel une superbe plaisanterie. D’abord racontée par le brillant Osho, je la paraphrase pour vous.

Un éminent scientifique coulait acheter un cadeau pour son jeune fils.
“Pas de jouets,” dit-il au commerçant, “montrez-moi quelque chose d’intellectuel pour mon fils de 6 ans.”
Le marchand fit le tour et apporta un puzzle où il était noté : Pour 3 ans et plus.
“Ca va être trop facile,” se moqua le père. “C’est un fils de scientifique. Apportez-moi quelque chose de plus difficile. ”
“Croyez-moi, monsieur,” dit le vedeur, “C’est le puzzle le plus difficile qu’il y ait. Même vous, vous ne pourrez pas le résoudre.”
Troublé par le défi, le scientifique ouvrit la boîte t il se mit immédiatement à résoudre le puzzle. A son grand étonnement, même une heure après, il ne pouvait pas en venir à bout.
“Je ne comprends pas,” dit-il en se grattant la tête, “qu’est-ce que c’est que ce puzzle ? ”
“Calmez-vous, monsieur,” répondit calmement le commerçant. “On ne peut pas le résoudre. On ne peut pas le comprendre. C’est le puzzle de la vie.”

De même qu’il n’y a rien à comprendre d’une rivière qui coule ou d’une brise fraîche pour faire l’expérience de sa beauté, il n’y a rien à comprendre de la vie pour savourer la merveille qu’elle est. Comprendre exige l’intervention du mental conscient. Et la paix, laissez-moi vous le dire, n’est pas possible en présence d’une telle intervention. La paix, c’est d’être ici maintenant, dans l’instant présent. Sans jugements.

Soyons et réjouissons-nous simplement du cadeau de la vie plutôt que de tenter d’en trouver la solution. A la limite, la seule chose qui vaille la peine de comprendre, c’est qu’à un certain point toute compréhension est sans valeur. Comme le jouet du bambin, la vie aussi est un objet de jeu. Ne la prenez pas trop sérieusement.

Soyez reconnaissants pour les cadeaux et vivez comme vous aimez vivre.

Paix.
Swami

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