La semaine dernière, nous avons eu un événement d’orientation extraordinaire pour les champions du Black Lotus. L’énergie de la salle était éclectique pour ce seul programme sur invitation. Cela faisait chaud au cœur de voir tant de personnes engagées à répandre la gentillesse dans le monde. Sur la base de l’expérience et des observations, je ne doute pas que la pratique de la gentillesse ait non seulement un effet profond sur notre société, mais qu’elle puisse aussi changer complètement le cours de votre vie. En termes simples, c’est le chemin le plus court vers le bonheur. Quelle que soit la noirceur de la situation, un seul geste de bonté et vous vous retrouverez dans un endroit lumineux.

On me pose cependant souvent la question de savoir comment utiliser la gentillesse dans le contexte d’une organisation. La plupart d’entre vous vont travailler, certains d’entre vous sont responsables d’équipes et de départements, voire de sociétés entières, comment faites-vous dans le domaine de la gentillesse? Permettez-moi de partager avec vous une histoire que j’ai lue il y a de nombreuses années. (Et quelle merveille que l’esprit humain. Posez les bonnes questions et cela peut vous aider à résoudre les problèmes les plus difficiles. Notre esprit est conçu pour proposer des solutions. Il y a cinq minutes, je ne savais pas ce que j’allais écrire. Au moment où je me suis mis à gribouiller, cela m’a sauté à l’esprit. Ah, pour ce qui est de sauter, laissez-moi vous emmener à l’histoire des ballons.)

Une grande organisation faisait face un manque de confiance et de coordination entre ses équipes disparates à travers le monde. La culture de la société était devenue telle qu’il existait non seulement un sentiment persistant de négativité, mais les départements se livraient à des politiques internes malsaines et à une concurrence menant presque les employés à se saboter les uns les autres. Vous aviez la conviction qu’il fallait vous protéger à tout prix.

On fit entrer un maître stratège comme conférencier invité pour passer une journée avec les directeurs de différents départements et pour déterminer si l’organisation avait peut-être besoin d’un recadrage. Plus de cinquante cadres supérieurs se présentèrent au séminaire.

“Je vous remets à chacun un ballon et un marqueur,” déclara le stratège en montrant une pièce vide. “Votre travail consiste à gonfler le ballon, à y inscrire votre nom complet et à le laisser dans cette pièce vide. Nous utiliserons un chronomètre pour enregistrer votre temps.”

Tout le monde fut bientôt occupé à souffler de l’air dans son ballon, à faire des nœuds et à écrire son nom. Quelques ballons éclatèrent lors de l’opération et les participants prirent plus de temps pour terminer le travail. Une fois tous les ballons dans la pièce, l’orateur leur confia la tâche suivante : retourner un par un dans la salle et trouver son ballon. Encore une fois, avec le chronomètre.

Certains participants eurent la chance de trouver le leur en une minute ou deux, mais la plupart mirent beaucoup plus de temps. Le stratège arrêta alors l’exercice à mi-chemin et leur demanda de remettre leurs ballons dans la pièce.

“Pensez-vous qu’il existe un moyen plus intelligent de trouver ces ballons?”

Certains suggérèrent que les ballons pourraient être codés par couleur, avec quatre ou cinq couleurs qui représenteraient différents départements, et qu’alors on n’aurait à en passer au crible que dix ou moins. D’autres gestionnaires suggérèrent qu’ils pourraient affecter plus de salles pour une meilleure séparation, ce qui faciliterait ainsi leur recherche. C’étaient des options plausibles.

“Et si on changeait un peu les règles ? déclara l’orateur. Maintenant, s’il vous plaît, allez un par un dans la salle, choisissez n’importe quel ballon sur lequel vous pouvez mettre la main, annoncez le nom qui est écrit sur le ballon et donnez-le à la personne qui s’avance.”

A peine cinq minutes plus tard, tout le monde avait le bon ballon entre les mains.

“Voilà ce que fait la collaboration,” déclara le stratège. “Chaque ballon marqué de votre nom représente votre domaine de responsabilité (ou un problème), mais par une meilleure communication et une gentillesse collective, vous pouvez vous aider mutuellement à atteindre vos objectifs plus rapidement et mieux. Avoir plus de salles ou séparer les ballons, bien que ce soit louable, exigerait des ressources supplémentaires.”

“Et le chronometre?” demanda un des participants.

“C’était juste pour créer une impression d’urgence alors qu’il n’y en avait pas. Souvent, les gestionnaires et les membres d’une équipe créent un stress excessif et négatif autour des produits à livrer. Travailler avec et pour l’autre, c’est plus productif que contre lui.”

Ma propre expérience de dialogue avec certains des esprits les plus brillants ainsi que le privilège de les avoir dirigés à plusieurs reprises au cours de différents projets, entreprises et industries, est également fort similaire. Autrement dit, les personnes compétentes sont très motivées et ont tendance à rechercher le ballon marqué de leur nom. Après tout, c’est ainsi que nous avons été conditionnés : gagner à tout prix. Mais les vrais leaders savent mieux. Ils savent que pour créer des organisations géantes au succès retentissant, il faut que les esprits intelligents travaillent ensemble. Ces dirigeants s’efforcent de créer la culture qui consiste à trouver le ballon et à le remettre à la bonne personne. En d’autres termes, la culture de possession de vos produits livrables et la responsabilité collective de concrétiser la vision au-delà des différences et des mentalités individuelles.

Toutes les entreprises qui réussissent sont centrées sur le client et sur l’extérieur. C’est ainsi que les grandes entreprises restent vivantes, jeunes et innovantes. Elles ne sont pas intimidées par une pièce remplie de ballons ou par leur taille ou leur couleur différente. Elles savent que, tant que les bonnes personnes sont au travail et suivent les bons processus, tout rêve peut devenir réalité. Le plus souvent, les entreprises vouées à l’échec se concentrent trop sur les problèmes internes liés aux opérations, aux personnes et à la politique de bureau. De telles entreprises deviennent progressivement faibles et vieilles et un jour elles périssent. Tout se résume à construire la bonne culture dès le départ, en inspirant et non pas par intimidation, en favorisant l’amour et non la peur, en encourageant les différences et non le conformisme.

J’ai lu cette belle blague (paraphrasée) dans Le petit livre de paraboles soufies de Nico Neruda :

Mulla Nasrudin était fort attentif alors que, dans un café, un inconnu racontait une histoire amusante. Mais l’homme ne réussit pas à bien rendre la blague et bâcla complètement la chute. A tel point que personne ne laissa échapper le moindre rire. Personne sauf Mulla qui riait de manière sociable.
“Mulla, pourquoi as-tu ri ?” lui demanda son ami. “Cette blague nous a semblé sans queue ni tête.”
“A moi aussi,” répondit Mulla. “Mais je rigole toujours à n’importe quelle blague. Parce que, si vous ne le faites pas, il y a toujours le danger qu’on la répète.”

Il en est ainsi des problèmes des organisations et de la vie en général. Si vous les ignorez, ils vous reviennent sans cesse. Si chaque ballon représentait un problème potentiel, quel que soit le zèle avec lequel vous marcheriez dans la pièce pour le trouver, à moins de vous mettre à les retirer un par un, le défi restera aussi décourageant.

Comme le disait Sun Tzu,”Tous les hommes peuvent voir les tactiques par lesquelles je conquiers, mais ce que personne ne peut voir, c’est la stratégie à partir de laquelle la victoire se développe.”

En un mot, c’est le principe du ballon. Il représente la sagesse collective, la pensée stratégique qui existe derrière des organisations incroyablement performantes.
Passez le ballon qui est dans votre main à la bonne personne. Accordez du crédit là où il est dû et vous ferez toujours le job.

Paix.
Swami

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