Comment être positif ? On me pose beaucoup cette question. Et souvent quand les gens disent qu’ils veulent être positifs, ce qu’ils disent en vérité c’est : comment puis-je être heureux et plein d’espoir en pratiquement toutes circonstances ? Je ne veux pas me sentir frustré et inquiet face à l’adversité, je veux être en paix d’une manière ou d’une autre.

La vérité, c’est que la vie est quelque chose qui nécessite beaucoup d’efforts et il n’y a aucune méthode facile pour être tout le temps positif. Cela étant dit, nous pouvons apprendre à être positif la plupart du temps. Même ceux qui semblent naturellement positifs et confiants ont appris à l’être, consciemment ou non. Avant de transmettre mes deux sous sur la positivité, permettez-moi de vous faire part d’un petit quelque chose.

Traîné de famille d’accueil en famille d’accueil, Jarvis Jay Masters avait eu une enfance plutôt difficile. La violence était devenue sa réponse pour se protéger, son mécanisme d’adaptation. A 19 ans, il finit en prison avec une peine de 10 ans et il fut chargé plus tard du meurtre d’un gardien de prison (alors que Jarvis était enfermé dans sa cellule au moment de l’incident !) et il fut condamné à la peine de mort. Du couloir de la mort, il fait dans son livre Trouver la Liberté une observation intéressante. Elle est ici légèrement paraphrasée :

“Jarvis, regarde la Chaîne 7, me dit mon voisin de cellule alors que je lisais un livre sur la méditation. Ils montrent un rassemblement du Ku Klux Klan en Louisiane. Des hommes du Klan qui hurlent et qui crient toutes ces ordures sur la suprématie. As-tu entendu ce qu’ils disaient ?”
“Non, mon pote. Le volume est baissé, dis-je en jetant un œil à la TV. Mais j’ai vu une troupe de visages colériques et des affiches racistes.”
Quelques trente minutes plus tard, Omar s’écria.
“Hey, Jarvis ! Mon pote, regarde tous ces gens. Il doit y avoir un millier de personnes qui marchent à San Francisco. Les vois-tu ?”
“Ca alors ! dis-je en levant les yeux sur l’énorme manifestation à l’écran. Qu’est-ce qu’ils ont ?”
“Les écologistes exigent la fin de l’abattage des arbres en certains endroits. Ils disent que la planète est en train d’être détruite et que de plus en plus d’espèces sauvages sont en voie d’extinction.”
“Est-ce vrai ? Juste en regardant, je peux dire qu’ils sont contrariés. Tu vois cette femme qui fait rage au micro et ces manifestants qui tiennent des affiches, qui crient et qui se font arrêter ? Ils doivent tous êtres plutôt saouls pour crier comme ça.
Un peu plus tard Omar s’écria :
“Hé, regarde ça ! Tu regardes toujours ? Regarde le président et tous ces membres du Congrès, là, juste sur la TV nationale, qui se battent et qui discutent, chacun essayant de convaincre le public que l’autre est responsable de cette épouvantable économie.”
“Ouais, je les vois. C’est pour ça qu’ils font toutes ces histoires ? Je peux dire qu’ils font du vacarme au sujet de quelque chose. Ce sénateur, mon pote, il crache presque. Mais, Omar, tu sais ce qu’il y a vraiment d’intéressant ?”
“Non, c’est quoi ?”
“La colère et l’aigreur que l’on voit sur le visage de ces membres du Congrès et du président des USA sont les mêmes que celles que l’on voit sur le visage de tous ces écologistes et des hommes du Klan. C’est juste une bande de gens en colère.”

La colère, la rage, la négativité sont des émotions humaines communes, sinon naturelles. La majorité des gens en font l’expérience de manière quotidienne, plusieurs fois par jour. A la maison, au travail, au supermarché, en train, partout nous avons des gens autour de nous. La plupart de ces gens passent par beaucoup de choses dans leur vie. Certains d’entre eux feront sortir leur colère envers eux-mêmes, d’autres la dirigeront vers les gouvernements, vers ceux qu’ils aiment, sur vous, etc. Une bande de gens en colère. Voulez-vous être comme eux ?

Voilà comment ce monde peut être. En colère et sans pitié. Que faisons-nous maintenant ? Nous avons le choix. Nous pouvons ou bien être en colère nous-mêmes et devenir comme eux ou bien nous pouvons faire un choix conscient de ce que nous voulons penser, dire et comment nous voulons agir. Pour faire l’expérience de la paix dans le monde, vous devez être en paix en vous. Et plus vous êtes en paix à l’intérieur, plus vous serez centré.

Une personne centrée peut ne pas rencontrer des bouts de bonheur, si vous voyez ce que je veux dire. Il ou elle peut ne pas avoir de vagues d’enthousiasme, mais ils connaîtront un courant soutenu de positivité réaliste semblable au doux courant d’une rivière en hiver. Plus vous serez véridique et réel dans vos pensées, vos paroles et votre conduite, et plus vous serez positif et heureux.

La simplicité est la graine de la paix intérieure.

Un soir, Grand-mère envoya son petit-fils Johnny au trou d’eau pour y puiser un peu d’eau pour préparer le dîner. Alors qu’il remplissait le seau, il vit deux grands yeux qui l’observaient. Laissant tomber le seau, il retourna en courant à la cuisine.

“Où est l’eau, lui demanda-t-elle ? Et mon seau ?”
“Je ne peux pas avoir de l’eau à partir de ce trou, Grand-mère, s’exclama Johnny. Il y a un rand alligator là-dedans !
“Ne t’occupe pas de cet alligator, Johnny. Il est là depuis des années et il n’a jamais fait de mal à personne. Il a probablement aussi peur de toi que toi tu as peur de lui !
“Eh bien, Grand-mère, répondit Johnny, s’il a aussi peur de moi que moi de lui, alors cette eau n’est pas bonne à boire !

Si la tempête de la colère et de la haine dans notre monde intérieur fait rage aussi fortement que celle qui est à l’extérieur, alors ce monde deviendra impropre à y vivre. Les maladies du mental et du corps se manifestent beaucoup plus rapidement chez celui qui possède un mental coléreux, une conscience rancunière. Mais un coeur simple, une âme contente est naturellement en paix, et donc positive.

Comme Layman Pang (740–808) le disait : “Quand l’esprit est en paix, le monde est aussi en paix. Rien de réel, rien d’absent. Sans vous accrocher à la réalité, sans vous accoler au vide, vous n’êtes ni saint ni sage, mais juste un type ordinaire qui a fini son travail.”

Je pense que c’est ce que j’entends par simplicité. Que nous sommes humbles, réels, centrés et honnêtes vis-à-vis de nous-mêmes. Espoir, positivité et bonheur sont les oiseaux qui vivent dans le nid du contentement. Vous ferez face à des gens difficiles, à des situations difficiles et à des circonstances difficiles. Les adversités vous accueilleront à chaque pas sur le chemin. Telle est la vie. Allez-vous abandonner, renoncer ou continuer de marcher un pas à la fois ? Cette discipline simple et honnête qui consiste à ne pas abandonner vous accordera paix et positivité.

Mais être positif n’est pas toujours la même chose qu’être heureux. Parfois, tout ce que cela veut dire est que vous êtes en paix, que vous vous sentez bien.

Être positif arrive naturellement à celui qui mène une vie sans prétention. Si vous êtes honnête vis à vis de vous-mêmes, vous serez réaliste sur ce que vous pouvez faire ou ne pas faire. Un tel réalisme vous aidera à être positif. Tel est le secret de la positivité.

Être réel, être simple.

Paix.

Swami

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