Buddha passait un jour un moment tranquille avec ses moines quand un homme s’approcha de lui et lui dit,”Pouvez-vous me donner la plus grande sagesse en un minimum de mots ?”

Buddha constata la présence de cet homme, ainsi que sa question, et il le confirma par un doux sourire, tout en gardant le silence.

Après avoir attendu quelques minutes, le visiteur s’inclina devant Buddha et dit,”Merci beaucoup. J’ai reçu le message. Je vais prendre maintenant congé de vous.”

Dès que le visiteur fût parti, Shariputra, un des moines les plus rebelles qui n’hésitait jamais à poser des questions à Buddha, lui demanda,”Comment cet homme a-t-il pu vous remercier et recevoir quelque chose que nous n’avons pas pu voir ? ”

“Shariputra,” répondit Buddha, “un bon cheval court même à l’ombre d’un fouet. Cet homme était prêt.”

Mais Shariputra ne comprenait toujours pas. Quand Bouddha se leva de son siège et alla se reposer pour l’après-midi, il vérifia auprès de tous les autres moines si l’un d’eux avait compris. Apparemment, aucun d’eux n’avait compris. Ils décidèrent de se réunir et de demander une grande sagesse lors du discours du soir.

Ils demandèrent à Buddha,”Pouvez-vous aussi nous donner une certaine connaissance, une certaine sagesse, une certaine perspicacité – peu importe, avec le moins de mots possibles – sans rien dire du tout ? Il se peut que l’un de nous soit également prêt.”

Buddha souleva une fleur qui était à côté de lui et il la tint quelques minutes dans sa main. Il ne dit rien. Il regarda seulement la fleur, sans ciller. C’est ce que fit le Buddha pour transmettre la plus grande sagesse, la meilleure façon de méditer, la plus grande perspicacité – sans rien dire. Il fixa seulement la fleur, puis il leva les yeux et sourit. Personne d’autre ne sourit, sauf Mahakashyapa, un de ses disciples. Ce fut la première transmission documentée du Zen par Buddha. C’est là que tout a commencé.

Mahakashyapa a souri parce qu’il avait compris ce que le Buddha essayait de lui dire, avec une fleur, avec le silence.

Tout ce que moi ou quelqu’un d’autre dira sera une interprétation de cela. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi nous offrons des fleurs lors du culte ? Ce n’est pas seulement pour la couleur et le parfum. Si ce n’était que pour ça, nous pourrions offrir beaucoup d’autres belles choses. Nous pourrions enduire notre divinité de belles couleurs; nous pourrions l’asperger de parfums et d’odeurs. Mais pourquoi des fleurs ? Il y a derrière cela une raison très réelle et magnifique. Voyez, une fleur est une chose vivante. Elle a la vie et se fane avec le temps.

Buddha expliqua plus avant, en s’adressant à tous ses moines mais en regardant Mahakashyapa,”Tout est là, Mahakashyapa. Tout est juste là. Il n’y a pas besoin de faire quoi que ce soit. Tout ce que vous avez à faire, c’est de profiter de la beauté de cette fleur, avec la conscience que cette fleur ne va pas durer éternellement, qu’un jour elle va se flétrir.”

Une manière facile et belle de faire l’expérience du Zen, c’est de garder une fleur sur votre bureau au travail, et peut-être une sur votre table à manger et une aussi dans votre chambre à coucher. Ne l’arrosez pas. Ne la remplacez pas non plus tous les jours. Remplacez-la seulement quand elle se fane.

Les textes japonais disent que le premier sutra Zen que Buddha a prononcé a été Hana Wahraku, Ben Koku Na Haru, ce qui signifie qu’une seule fleur fleurit et que c’est le printemps dans le monde entier.

Dans le Zen, on appelle une fleur Buddha parce qu’il est né sous les fleurs. Il est même mort sur des fleurs et a vécu sur des fleurs. Ses dévots l’aimaient vraiment plus qu’ils n’aimaient leur propre vie. Il a obtenu son illumination sous un arbre de fleurs. Votre esprit peut également se comparer à une fleur. Quand votre esprit s’épanouit, le monde entier se trouve au printemps. Quand il fait l’expérience de l’automne, peu importe toute la beauté qu’il peut y avoir dans le monde extérieur, tout semble terne. Tout est condamné et se trouve dans la mélancolie. Par conséquent, dit le Zen, laissez-moi simplement me concentrer sur mon mental. Parce que si je garde l’esprit dans un état de floraison, le monde sera beau automatiquement.

Vous êtes une fleur et vous avez une vie magnifique. Comparez votre style de vie à celui des milliards de personnes qui ne peuvent même pas se permettre de vivre une vie rudimentaire. La plupart des gens ne commandent pas simplement ce qu’ils veulent quand ils vont au restaurant. Ils regardent les prix sur le menu et ils décident ensuite de ce qu’ils peuvent se permettre. Tout le monde ne jouit pas des luxes de la vie, mais vous oui. Rappelez-vous où vous en êtes dans votre vie et ce dont vous avez déjà été pourvus. Si cela ne suffit pas, si cela vous semble encore insuffisant pour connaître le bonheur dans la vie, alors dites-moi, qu’est-ce qui vous rendrait heureux ? Rien d’autre.

Le Zen nous enseigne que le bonheur n’est pas quelque chose à poursuivre. Ce n’est pas quelque chose que nous devons chercher. Oui, nous devrions avoir du zèle, de l’enthousiasme et de la passion pour la vie, mais la passion ne doit pas être considérée comme une insouciance ou comme un effort immodéré. Ce truc à propos de la passion, où l’on vous dit constamment que vous devez avoir une « passion » dans la vie, c’est un phénomène très nouveau, très américain. Des milliards de personnes vivaient avant que cela ne devienne à la mode, et ils n’avaient pas de « passions » dans leur vie. Mais ils étaient néanmoins heureux, calmes et contents.

Le Zen dit, laissez-moi être dans le moment présent, où même respirer est une bénédiction. Si je ne peux pas être heureux avec ce que j’ai maintenant, je ne pourrai jamais l’être avec ce que je pourrais avoir à l’avenir. Il est tout à fait évident qu’à chaque fois et en toutes circonstances, vous connaîtrez au moins une personne difficile dans votre vie. Vous ferez face à au moins un grand défi. Et vous devrez faire face à au moins une adversité, qu’elle soit mentale, physique, émotionnelle, psychique, psychologique ou spirituelle. Cela fait vraiment partie de la vie. Mais dans tout cela, être capable de flotter, c’est du Zen.

Dans les mille ans qui ont suivi la mort de Bouddha, le Zen ne s’est pas vraiment développé. C’est parce que les gens ont besoin d’ancres; les gens ont besoin de rituels. Quand je dis aux gens,”Asseyez-vous et soyez conscients; vous n’avez rien à faire », ils pensent que ce n’est pas assez. Comme s’ils maîtrisaient déjà l’art de rester assis ! Si je leur donne un mantra – et il est très rare que j’en donne un à quelqu’un – ils le chantent pendant des semaines, peut-être des mois, puis ils reviennent me dire,”D’accord, quelle est la prochaine étape ?”

C’est une pensée très matérielle. Il n’y a pas d’étape suivante. Si vous ne pouvez pas devenir un avec vous-même en utilisant un chemin donné, il n’y aura pas de “prochaine étape” qui vous y mènera. Il y a des stades dans la méditation, pas des étapes, mais vous n’atteindrez pas ces stades en faisant différentes choses. Vous ne vivrez pas ces stades en allant plus loin. En fait, ils ressemblent plus à des états qu’à des stades.”

Faites juste ce que vous faites. Continuez à le perfectionner; continuez à en prendre fait et cause et vous atteindrez ce stade. Comme un maître d’arts martiaux l’a dit à son élève,”Ne te soucie pas d’apprendre dix mille mouvements. Tu n’en perfectionnera pas autant. Cela ne m’intéresse pas de t’enseigner dix mille mouvements que tu ne pourras faire qu’une fois ou deux. Je ne suis intéressé qu’à t’enseigner ce mouvement décisif que tu pratiqueras dix mille fois. Il deviendra ton mouvement parfait.”

1000 ans ont passé et dans le sud de l’Inde, dans un endroit appelé Kanchipuram, dans l’actuel Tamil Nadu, un enfant est né dans une famille royale. Profondément influencé par les enseignements bouddhistes, il s’est engagé sur un chemin remarquable qui non seulement a ravivé la pensée zen mais l’a emportée au loin …

Ce que vous venez de lire est un extrait de Mind Full to Mindful, mon nouveau livre sur la sagesse Zen, qui est basé sur les discours que j’ai prononcés lors de mes retraites zen au Canada et en Inde. Il est d’une lecture simple, très zen, plein d’anecdotes, avec un peu d’humour et de belles illustrations. Puisque le Zen a pour sujet de vivre dans le présent, qu’il a pour sujet “Maintenant”, je ne vois aucune raison pour que vous n’ayez pas votre exemplaire “Maintenant”. J’espère que vous apprécierez cette lecture. Voici les liens :

1. Amazon.in (pour les lecteurs de l’Inde).
2. Amazon.com (pour tous les autres lecteurs).

Paix.
Swami

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