Il était une fois un voleur qui n’avait pas eu de chance de nombreux jours d’affilée. Il sortit une nuit en prenant la résolution de ne pas revenir chez lui les mains vides. Il parcourut les rues en cherchant la bonne maison, la bonne occasion, en vain. Fatigué et découragé, il s’assit sur un chemin et s’endormit.

Quelques minutes plus tard un ivrogne passa. Il vit le voleur et il fut désolé pour lui en pensant que c’était aussi un ivrogne qui s’était évanoui dans la rue. Il s’arrêta pour voir s’il n’y avait pas de bouteille près de lui parce que c’est ce qui l’intéressait : avoir plus de liqueur. Mais il n’y en avait pas. En colère, il s’éloigna. Il était à peine parti qu’un autre homme, qui lui était joueur, vit le voleur. “Pauvre perdant”, pensa-t-il. “Il doit avoir perdu tant d’argent qu’il a peur de rentrer chez lui.”
Une heure s’écoula et un autre voleur passa par là. Il regarda l’homme qui dormait et pensa : “Ça doit être un cambrioleur à la petite semaine, malheureux comme moi et qui cette nuit n’a rien pu se mettre entre les mains.”
L’aube se levait à l’horizon alors qu’un yogi de se rendait à une rivière voisine pour y faire ses ablutions. Il regarda le voleur et commença à l’admirer.
“Voilà un vrai yogi”, pensa-t-il. “Pas comme moi qui suis encore pris dans les rituels, il est juste allongé là sans se faire de souci et sans rien posséder. Voilà quelle est la voie du yogi.”
Il retire du voleur beaucoup d’inspiration et continue son chemin. Une heure plus tard, le soleil, alors chaud et brillant, réveille le voleur qui retourne alors chez lui. Sans rien.

Voilà commence fonctionne notre monde. Peu importe qui, comment ou ce que vous êtes (ou n’êtes pas), chacun voit selon sa faculté. Il forme son opinion en se basant sur ses propres perceptions et les idées préconçues qu’il a de vous. Certains penseront que vous êtes un voleur tandis que d’autres vous catalogueront comme joueur. Certains pourront vous prendre pour un ivrogne et d’autre pour un yogi. La plus grande partie de ce qu’ils pensent de vous dépend d’eux, de leur conditionnement. Cela les concerne plus que cela ne vous concerne. Plus vous en prendrez conscience et moins leurs opinions vous dérangeront.

J’ai lu une fois une citation : “Vous vous souciez moins de ce que les gens pensent de vous quand vous prenez conscience qu’ils le font rarement.” Et même quand les gens pensent à vous, c’est souvent plus de la façon dont ils veulent le faire. Au fur et à mesure qu’ils grandissent et qu’ils évoluent, comme leurs priorités changent, ils commencent à penser différemment. Ils peuvent ou non admettre que leurs opinions sur vous ont changé parce que notre monde attend de la cohérence en tout. Un changement d’opinion n’est pas toujours pris d’une manière très bienveillante. Mais sans se soucier de savoir s’ils l’expriment ou non, au fur et à mesure que leur propre conscience s’élargit, ils vous voient sous un nouveau jour. Il y a donc peu de sagesse à courir après les idées toujours insaisissables des autres.

Je ne suggère pas que vous deviez mener une vie de débauche sans tenir absolument aucun compte de ce que les autres pensent; que, bon, les idées qu’ils se font de vous sont fausses, mais je dis que mieux vaut vous poser cette question tôt que tard : jusqu’où irez-vous pour obtenir ne bonne opinion des autres ? Quelle importance cela a-t-il pour vous que les autres aient une haute opinion de vous ? Il est tout à fait intéressant, quoique pas surprenant, que nous voulions pratiquement tous être dans les bonnes grâces d’autrui. Nous voulons que les autres pensent beaucoup de bien de nous. Il y a comme un sentiment d’accomplissement quand les autres sont d’accord avec l’opinion que vous avez de vous-mêmes.

Ce qui est drôle, c’est qu’eux aussi font tout ce qu’ils peuvent pour que vous les voyiez et les considériez d’une certaine manière. Les deux veulent créer un impact sur l’autre pour obtenir en fin de compte le même résultat : se sentir bien dans sa peau. Ce grand désir d’approbation de la part des autres est un des désirs les plus forts, c’est pratiquement inné. Parce que depuis l’enfance nous recherchons constamment l’approbation des autres. Il y a toujours quelqu’un d’autre pour nous marquer d’un critère qu’il a défini. Nous nous y conformons toujours. Ce faisant, nous nous manipulons nous-mêmes éternellement. Cela conduit à une agitation et à un trouble intérieurs. Une des façons définitives de nous élever au-dessus de l’opinion des autres est de nous tourner vers l’intérieur. Et vous pourriez vous demander comment exactement se tourner vers l’intérieur ?

Si vous êtes honnête envers vous-mêmes, si vous menez une vie digne de ce nom, si vous faites une pause et réfléchissez sur votre vie et sur vos actions, vous commencerez automatiquement à vous tourner vers l’intérieur. Des vertus sans nombre fleuriront en votre cœur comme des fleurs au printemps. Un mental tourné vers l’intérieur mène au contentement. Ce que les autres ont à dire sur vous vous ennuiera de moins en moins. Se tourner vers l’intérieur ne veut pas dire que nous devenons si égoïstes que nous ne nous concentrons que sur nous-mêmes. Au contraire, cela veut dire que nous nous voyons comme une extension de l’univers. C’est ressentir l’interconnexion en tout ce qui existe. Et avec cette compréhension expérimentale se lève la compréhension que vous êtes complet, que vous êtes un univers de votre propre droit.

Et que, dans votre univers il y a plein de place pour tout le monde et pour leurs idées. Si, en vous basant sur vos actions, vous vous considérez d’une certaine manière et que vous y croyez avec une extrême conviction, le monde commencera à vous considérer aussi de cette façon-là (si du moins cela vous importe). Parce que tout est interconnecté et interdépendant. Absolument tout. Que vous choisissiez d’être le soleil, une lune, ou juste une étoile de votre galaxie, c’est votre choix personnel. Plus grande sera votre magnitude et moins vous serez touché par les étoiles plus petites. La manière dont vous vous voyez importe bien plus que la manière dont les autres vous voient parce que votre bonheur et votre paix dépendent de la vision honnête que vous avez de vous-mêmes.

Et, entre parenthèses, en fin de compte, peu importe que l’on nous voie comme un voleur ou comme un yogi, les deux se retrouveront les mains vides. Il en est ainsi pour tout le monde.

Paix.
Swami

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