Akbar et Birbal se promenaient un jour sous un déguisement. Akbar avait l’habitude de se promener incognito pour savoir ce qu’il en était vraiment de son peuple. De loin, Akbar vit un bûcheron boire de l’eau d’un puits.

“Que penses-tu que ce bûcheron ressente envers moi?” demanda Akbar à Birbal. “Exactement la même chose que ce que vous ressentez envers lui, Votre Majesté.” “C’est la chose la plus ridicule que j’ai entendue depuis longtemps ! Comment un simple sujet de mon royaume peut-il penser à moi, son empereur, de la même manière que je pense à lui ?”

“Eh bien, Jahanpanah, “déclara Birbal, “les sentiments ne pensent pas. Ils ne font que rendre la pareille. Ce qu’il pense de vous peut être différent, mais ce qu’il ressent pour vous sera exactement ce que vous ressentez pour lui.”

“Prouve-le ou tu seras puni pour avoir comparé la royauté à un citoyen ordinaire.”

À la demande de Birbal, Akbar se cacha derrière un arbre et murmura des choses dégradantes et désobligeantes sur le bûcheron. Au plus profond de lui, il rassembla toute la haine et la répulsion qu’il put envers l’étranger. Ce coquin, simple bûcheron, est un fardeau pour l’État. Regardez comme il est en sueur et laid. Les gens de son espèce drainent mes ressources. Ils sont inutiles et vivent des avantages gouvernementaux. Je suis certain qu’il n’a pas demandé l’autorisation de l’agent forestier et qu’il a coupé du bois pour le vendre uniquement au noir. Cet homme devrait être pendu. Pendant ce temps, le bûcheron reprenait son chemin et arrivait par là.

“Oh mon Dieu! “s’exclama Birbal. Et il courut vers lui. “Avez-vous entendu que notre roi était mort aujourd’hui d’une morsure de serpent ?” Je suis anéanti.

“Anéanti ‘, “dit le bûcheron en jetant sa charge par terre avec enthousiasme. Moi je dis : ‘bon débarras’ ! Ce n’était pas un roi mais un tyran. Est-ce que cet idiot n’a jamais fait autre chose que de se faire plaisir toute la journée ? Juste de la musique, de l’art et des femmes ! Vous ne pouvez pas gouverner un pays comme ça ! J’aurais souhaité que cet empereur fût mort depuis longtemps !”

Une fois le bûcheron parti, Birbal demanda à Akbar de murmurer et de concevoir de bonnes pensées d’amour envers une autre personne, une vieille femme qui venait vers eux. Le roi reprit position derrière l’arbre et regarda la vieille femme qui portait un petit tas de foin. Quelle personne belle et calme ! Elle ressemble tellement à ma nounou qui prenait soin de moi quand j’étais plus jeune. Mon Etat doit faire plus pour les personnes âgées. Je vais ordonner une augmentation à l’échelle nationale des prestations de retraite et des prestations médicales. Une personne de son âge ne devrait avoir à travailler comme ça. J’accorderai un statut spécial aux personnes âgées.

“Avez-vous entendu, Mata ji,” dit Birbal à la vieille femme, que notre roi était mort ce matin d’une morsure de serpent ? J’ai le coeur brisé.”

“Ça ne peut pas être vrai,” dit-elle en s’asseyant par terre et en se lamentant. “L’Inde avait enfin un roi courageux, gentil et clairvoyant et Dieu l’a enlevé. Il n’était pas seulement l’empereur de l’Hindustan mais aussi le roi de nos coeurs. Que va-t-il maintenant arriver à cette nation ? Hindous et Musulmans étaient comme ses deux yeux. J’aurais souhaité qu’à la place la Mort emportât ce vieux corps.”

Akbar admit que la thèse de Birbal avait effectivement du poids.

Je suppose que cela donne une nouvelle tournure à l’affirmation : “le sentiment est mutuel,” et je trouve que le fait de pouvoir faire ressentir quelqu’un en pensant et en ressentant d’une manière particulière est l’un des aspects les plus fascinants de notre existence. En y repensant, je ne crois pas que soit plus étonnant que, lorsque deux personnes ne s’entendent pas, leur relation s’aggrave avec le temps à moins qu’elles ne prennent des mesures pour réfléchir aux aspects positifs de l’autre.

Appelez cela la loi de l’attraction ou autre, c’est en fin de compte assez simple : tout ce sur quoi nous nous concentrons s’amplifie dans notre vie. Que ce soit la joie d’un bon repas ou le mal de s’être heurté l’orteil, lorsque vous attirez votre attention sur quelque chose, tout votre être se met à palpiter avec des sentiments réciproques. C’est pourquoi les personnes négatives trouvent toujours tout ce qui les entoure en train de s’écrouler et de se détériorer. Selon Goswami Tulsidas, jaaki rahi bhavana, jaisi prabhu, murat dekhi tin taisi, vous voyez le monde et la divinité autour de vous selon la manière dont vous vous sentez intérieurement. Nettoyez votre vitre et tout l’extérieur paraîtra propre lui aussi.

C’est pour cette raison que tous les enseignements spirituels, dans toutes les religions du monde, nous rappellent souvent que nous devons fuir nos sentiments de haine, de jalousie, de colère, etc. Nourrir ces émotions en notre coeur n’est pas la voie qui conduit à la paix et à la joie intérieures. En outre, les sentiments sont très contagieux. Sans un mot ou un toucher, ils vous affectent, vous et tous les autres, dans votre proximité mentale ou physique. C’est peut-être pour cela qu’il a été tant mis l’accent sur le satsang, la congrégation de personnes partageant les mêmes idées qui se réunissent pour parler de et pour répandre la bonté. Que le christianisme l’ait découvert à l’église, Bouddha dans le sangha, le Sanatana Dharma dans les saints, cela est sans importance. Ce qui compte, c’est la compréhension que mes sentiments envers les autres sont largement responsables de ce que les autres ressentent à mon égard. Pour le cas où vous ne l’auriez pas remarqué, il est difficile de vous sentir bien si les autres ne se sentent pas bien vis-à-vis de vous. Si vous souhaitez changer la façon dont les autres vous voient, changez d’abord la façon dont vous les voyez.

En s’agenouillant dans le confessionnal, la fille dit, “Bénissez-moi, mon Père,”parce que j’ai péché.

“Qu’est-ce que c’est, mon enfant,” demanda le prêtre ?

“J’ai commis le péché de vanité, mon Père. Plusieurs fois par jour, je me regarde dans le miroir et je me dis que je suis magnifique. Le prêtre se retourna, regarda la fille et dit, “J’ai de bonnes nouvelles pour vous, mon enfant. Ce n’est pas un péché … c’est simplement une erreur.”

Tout ce que nous voyons autour de nous n’est généralement pas ce que les choses sont mais la manière dont nous choisissons de les interpréter. Vous n’êtes pas obligé de gagner une course si vous n’y participez pas. Vous n’avez pas à faire face à la défaite et à mordre la poussière si vous ne vous battez pas. Le désir de prouver que l’autre a mal agi ou de s’en prendre à lui n’a jamais fait quiconque apparaître supérieur. C’est un signe d’ignorance. Vous pouvez résister à tous ceux qui ne sont pas d’accord avec vous ou vous pouvez avoir le cœur ouvert et accueillir les autres dans votre vie, c’est à vous de choisir. Vous pouvez voir le monde avec une attitude hostile ou vous pouvez pratiquer siyaram maya sab jag jaani karhu pranam jorhi juga pani (tout et tout le monde est Dieu et je joins donc les mains et présente mes respects), tout dépend de vous. Ce que vous choisissez déterminera rapidement le cours de votre vie.

Les sentiments, c’est comme de mettre du parfum. Vous ne voyez pas le parfum mais vous savez qu’il est là. Les autres qui entrent en contact avec vous ressentent également l’odeur que vous portez sur vous. Il est inutile de vaporiser ce parfum sur vos vêtements, vous devez l’appliquer sur vos points de pulsation. De même, il n’y a guère de mérite à simplement assaisonner votre personnalité de sentiments, vous devez aller sous la peau. En d’autres termes, un affichage extérieur des émotions n’est pas la même chose que de ressentir ces sentiments en vous. Une action ne durera pas longtemps. Les vrais sentiments, si. Et comment évoquer la bonté et les autres émotions douces ? Eh bien, ouvrez-vous. Une bouteille fermée n’émet aucun parfum.

Allez, portez-en un bon.

J’ai aussi une annonce à vous faire. J’aimerais commencer par une citation de Margaret Mead : “Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens réfléchis, engagés, puissent changer le monde. En effet, c’est la seule chose qui l’ait jamais fait.”

Je suis heureux de vous faire part qu’un petit groupe de personnes engagées s’est réuni pour construire une section complète du Black Lotus à Sydney. À cet effet, ils ont rassemblé leurs ressources et la Fondation Black Lotus Peace Australia a acquis un terrain de 80 acres où nous construirons un lieu où les gens pourront méditer, se retirer et profiter de la joie de la solitude. Le jour où je suis allé voir la terre, un wallaby sautillait près de l’un des deux étangs de la propriété. C’était un spectacle réconfortant et délicieux. Tout à fait symbolique du caractère auspicieux du commencement du chapitre australien. Nous organiserons des programmes spirituels pour les jeunes et pour les autres chercheurs afin de rendre notre monde meilleur. Pour ceux d’entre vous qui ont exprimé leur intérêt (au camp de méditation de Sydney) à être associés au chapitre, je ferai part de plus de détails (y compris les contacts avec Sydney) en temps utile.

Paix.

Swami

Partagez avec vos amis: Share on Facebook
Facebook
0Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin
Google+
Google+
0Email to someone
email