Avez-vous jamais éprouvé ce sentiment de n’avoir rien fait d’important dans votre vie ? Ou de n’avoir pas été capable de vivre la vie de vos rêves ? Si oui, vous n’êtes pas le seul. Généralement, nous avons tendance à penser à la vie comme à quelque chose d’indivisible. Nous pensons que tout est perdu quand nous avons passé notre prime jeunesse. Que nous ne pouvons pas faire grand’ chose. Je souhaite aujourd’hui vous offrir un point de vue différent. Quelque chose que j’ai observé dans ma vie et dans la vie de nombreuses personnes que j’ai connues. Préparez-vous pour un message vraiment long. (Il est question de la vie, pas d’une plaisanterie.)

La vie est tout sauf un morceau d’un seul bloc. En réalité elle est faite d’une suite de moments et d’expériences. Et si je vous disais qu’en vérité dans une vie nous vivons plusieurs vies ? Et que c’est à nous de faire le maximum de chaque vie de la vie ? Toute décennie que nous vivons nous fait devenir quelqu’un de différent. Chaque décennie est une nouvelle espèce de vie.

0 – 10

De 0 à 10 ans, nous sommes souvent sous la protection de nos parents. Notre identité et profondément liée à la leur. Nous apprenons à parler, à converser, à nous comporter, à manger, etc. Leurs croyances sont nos croyances. Nous les observons et nous nous mettons à agir comme eux. Avec toutes les bonnes intentions, notre société nous conditionne doucement pour regarder le monde d’une certaine façon. Nous commençons à imiter nos parents, nos enseignants et autres sans même en avoir conscience. Nous nous créons partis pris et préjugés. Un monde nouveau commence à prendre forme dans notre tête qui se base sur ce que nous observons et absorbons. Notre imagination est folle. Transformers et poupées s’animent dans notre jeu comme des boîtes de Lego. Les bonbons ont un goût étonnant comme tout ce qui contient du sucre. Nos rêves sont fantastiques; bon, ce sont des rêves. Nous sommes avides d’apprendre de nouvelles choses et nous pensons que nous pouvons être toute chose ou tout être que nous voulons être dans le monde.

11 – 20

Entre 11 et 20 ans, nous commençons à bâtir notre propre identité. Nous découvrons, ou nous sommes aux prises avec notre sexualité. Nous apprenons à remettre les croyances en question et nos parents commencent à venir au second plan tant dans notre vie que dans nos rêves. Nous voulons les voir quand nous avons besoin d’eux. Nous nous formons des opinions sur tout (et surtout, malheureusement même, nous restons avec ces opinions la plus grande partie de notre vie). Nous sentons que les amis sont importants, que mes buts sont importants, que mes parents sont ennuyeux et que leurs idées sont vieux jeu. Nous explorons audacieusement la vie, en mettant le pied sur des territoires inconnus.

Filles, gadgets et motos, ou garçons, rêves et mode gouvernent notre esprit. Peut-être aussi les jeux vidéo et les livres (pas les livres de classe). Engouement, attraction arrivent tous les jours. Vous tombez vite amoureux – aussi facilement qu’on glisse sur une banane. Nous faisons des erreurs stupides (nous en faisons dans toutes les décennies, d’ailleurs). L’idée que nous nous faisons de nous-mêmes commence à se solidifier dans notre tête. La plupart des jeunes adultes se classent comme perdants ou comme très doués quand ils obtiennent leur diplôme après leur adolescence. Notre vie commence à prendre forme en conséquence. Abondance de distractions.

Nous pensons que nous avons déjà pris la plupart des décisions importantes de notre vie. Particulièrement en termes de choix d’un certain courant d’éducation ou d’apprentissage d’une nouvelle compétence (musique, danse, sports, etc.). Mais cette décennie n’est pas seulement une avancée à partir de la précédente, mais, si vous y pensez bien, c’en est une toute nouvelle. Alors que vous vous découvriez vous-mêmes ou que vous vous mettiez sur vos deux pieds lors de vos années d’adolescence, alors que vous surviviez à vos confusions, vous viviez une vie entièrement nouvelle. L’enfant que vous étiez dans les dix premières années n’est pas celui qui a résolu les problèmes de cette décennie. C’est le nouveau vous qui l’a fait. Au moment où vous passez les 20 ans, vous émergez comme quelqu’un de différent.

21 – 30

De 21 à 30 ans, alors que nous sommes encore courageux (voire téméraires) la réalité du monde amène un changement subtil dans nos rêves et dans nos objectifs. Nous nous alignons sur les croyances que nous avons, souvent mal formées et mal informées, de ce que nous pouvons faire et ne pas faire. Vous tournez un peu plus autour des filles, mais vous commencez quelque part à chercher “la fille”. Vous êtes un peu plus réaliste. A mi-chemin dans cette décennie de la vie, la plupart d’entre nous en ont fini avec l’éducation traditionnelle et nous sommes heureux de trouver un boulot qui nous sécurise financièrement. Nous pensons que nous avons découvert notre indépendance. Vous enlevez l’affiche de Ferrari (ou de votre pop star préférée) de votre chambre et vous achetez à crédit votre première voiture rudimentaire. Quand nous arrivons à trente ans, la plupart d’entre nous se sentent prêts (ou sont pressés par les parents) pour cimenter leur relation et se marient, etc.

Alors qu’arrivent des déceptions, nous restons la plupart du temps optimistes et positifs. Nous prenons aussi conscience que c’est là un monde furieusement compétitif et que nul n’a de temps pour qui que ce soit d’autre. En nous concentrant d’abord sur notre carrière, nous ne rêvons plus de la manière dont nous rêvions auparavant. Nous sommes plus réalistes en ce qui concerne ce que nous attendons de la vie. Nous aimons penser de nous que nous sommes plus ensemble, plus sages et plus “pratiques”. Même si nous continuons d’explorer la vie, une certaine stagnation se met doucement en place. Très peu de gens se mettent à apprendre une nouvelle compétence une fois qu’ils ont passé les 25 ans.

31 – 40

De 31 à 40 ans, nous faisons de notre mieux pour nous élever dans notre carrière. La plupart d’entre nous passent toute la décennie à équilibrer travail et obligations familiales. Notre enfance et nos amis de collège s’en sont allés depuis longtemps. Nous pouvons être en contact avec une poignée d’entre eux (éventuellement) mais la plupart sont de toute façon occupés avec leur vie. Avec nos enfants qui grandissent, trop de choses arrivent constamment à la maison. Tout devient plus cher, comme vous le calculez. Une grande partie de vos dépenses s’en va en remboursement de votre crédit. Vous pensez aussi à économiser. Je n’ai pas à acheter un nouveau téléphone ni ces chaussures.

Nous devenons aussi quelque peu indifférents aux attitudes qu’ont les autres envers nous. La prise de conscience que nous ne pouvons pas rendre tout le monde heureux se fait jour chez la plupart des gens. Que nous ne devons pas négliger notre propre bonheur. Vous réfléchissez sur ce qui vous rendait habituellement heureux lorsque vous étiez entrain de grandir. Peut-être jouiez-vous alors de la guitare ou au cricket. Ou peut-être faisiez-vous de la peinture ou de la danse. Mais ce sont de lointains souvenirs. Peut-être vouliez-vous toujours aller nager ou jouer au tennis et parfois vous envisagez même de vous y remettre.

Vous considérez alors les responsabilités que vous avez ainsi que vos autres engagements et vous mettez de côté vos rêves et vos désirs. Une espèce de tristesse se faufile en vous parce que vous savez que vous ne devez pas vous négliger, et c’est pourtant ce que vous faites, pour que les autres (votre épouse, vos enfants, etc.) ne se sentent pas mal ou ne vous accusent pas de ne pas être là pour eux. Cela commence à ronger votre âme – en sachant ce qui vous rend heureux, en ayant les ressources pour le faire, mais sans le faire par peur de vous aliéner ceux que vous aimez. Cela vous fait parfois mal. En attendant, le vide de la vie continue de s’affermir.

41 – 50

De 41 ans à 50 ans, c’est encore une autre décennie. La plupart des gens rencontrent la crise du milieu de vie au début des années quarante, particulièrement ceux qui ont vécu leur vie par le livre. Que diable fais-je ici ? Ce n’est pas la vie dont je rêvais quand j’avais 10, 20 ou 30 ans. Ai-je gâché ma vie ? J’ai donné mes 20 dernières années à ma famille mais pourtant personne ne semble heureux, encore moins reconnaissant. Je n’ai jamais pris soin de moi, je me suis d’abord occupé d’eux, et je ne suis pourtant qu’un nuage solitaire qui flotte sans direction ni force. Vous parlez pourtant de politique, de sports, de changement climatique et d’autres problèmes mondiaux. Peut-être êtes-vous maintenant intéressé par la méditation et votre croyance en Dieu est-elle plus forte que jamais.

Vous savez que vous êtes encore jeune et que vous avez une grande force physique, pourtant personne ne vous voit ainsi. On vous voit comme quelqu’un qui est entré dans “l’âge mûr”. Ce n’est pas une période facile. Vous sentez que vous n’êtes pas assez jeune pour prendre des risques audacieux et pas assez vieux pour en éviter. Débordant d’intellect et d’énergie, beaucoup de gens dans leurs années 40 développent une espèce de frustration. Certains deviennent même amers. Ils ont tous ces talents et cette intelligence mais les pistes manquent pour en faire usage. Dans cette situation, la plupart des gens tremblent à l’idée même de tenter quelque chose de nouveau dans leur vie. Ils pensent que leur destinée est maintenant de mettre à exécution les choix qu’ils avaient faits dans les années antérieures. Seuls ceux qui ont une passion pour la vie s’embarquent pour de nouveaux voyages (intellectuels, financiers ou autres) dans cette phase de leur vie.

51 – 60

Entre 51 et 60 ans, c’est encore un tout autre match. Les idées de planification de votre vie après avoir pris votre retraite vous sont restées en tête. La pression que vous ressentez pour vous assurer que vos enfants s’établissent dans la vie est là elle aussi. Deux partenaires en viennent à mieux se connaître. Vous, genre mûr, vous déprimez un peu. La plupart des gens vivent cette période avec un sentiment de résignation : ‘j’ai fait tout ce que je pouvais de ma vie et maintenant je dois vieillir élégamment. Je dois me comporter d’une certaine façon.’ Vous ne voulez pas changer d’emploi pour une meilleure paye parce que vous en avez fini avec la course ici et là d’un poulet sans tête aux stéroïdes. Vous souhaitez maintenant prendre les choses plus simplement (plus comme une dinde de Noël).

C’est une chance que vos enfants aient maintenant quitté la maison et qu’ils soient occupés avec leurs vies, avec leurs nouvelles familles. De nouvelles relations se forment (avec les beaux-parents), de nouvelles incompréhensions se font jour. Vous sentez que vos enfants ne vous comprennent pas et ils ressentent que vous ne les comprenez pas. Vous apprenez petit à petit à avoir de plus en plus confiance en vous. En fin de compte vous comprenez que de consacrer sa vie à rendre les autres heureux, à vos dépends, est absurde et noble. Et que cela ne conduit pas à une vie satisfaisante.

61 – 70

De 61 à 70 ans, vous êtes pas mal autonome. Votre épouse est là mais pourtant la seule personne sur laquelle vous pouvez compter pour votre bonheur, c’est vous-mêmes. Tout le monde autour de vous dit : “Moi aussi je suis fatigué.” “Vous entendez : “Tout ce que vous avez fait, c’était votre devoir.” Cela éveille un étrange vairagya, détachement. Vous pouvez être grand parent et vous devenez pourtant vous-mêmes comme un enfant. Vous vous souvenez de vos parents et peut-être même vous manquent-ils, vous qui pensiez un jour ne plus avoir besoin d’eux dans votre vie. Vous évoquez votre enfance, vous vous rappelez les beaux souvenirs du passé. Peut-être lisez-vous le journal tous les jours, regardez-vous un peu la TV, parfois vos enfants vous appellent ou vous les appelez, peut-être rencontrez-vous des gens occasionnellement, mais la plupart du temps vous êtes autonome, dans votre monde.

La plupart des gens ne vont même pas penser tenter quelque chose de nouveau lors de cette décennie. Ils pensent qu’ils doivent accepter le fait qu’ils sont maintenant des “personnes âgées” et qu’il n’y a plus rien à vivre que ce qu’ils ont déjà vu ou connu. Mais c’est loin d’être vrai.

70 – 80 et plus

Entre 70 et 80 ans, c’est une période étrange. Une routine quotidienne frappe la vie de beaucoup de gens. Personne ne veut mourir mais la plupart ont perdu la volonté de vivre. Il ne reste que peu de charme. Même les petits enfants ne vous fascinent plus au-delà d’un certain degré. Vous pensez que tout le monde n’est intéressé que par ce que vous pourriez leur donner. Les gens profondément spirituels trouvent une grande consolation dans l’intimité de leur esprit; mais la plupart demeurent inquiets. Ils deviennent “ennuyeux” pour leurs enfants qui vivent les défis de leur propre vie d’adultes. Et, un jour, les enfants reçoivent un appel et tout le monde se rassemble pour vos funérailles. Bien entendu ils seront tristes un petit moment. Mais seulement pour un petit moment. A cette occasion ils vont rencontrer des gens, ça sera pour eux comme une réunion. Ils vont aussi raconter quelle grande personne vous étiez. Mais cela ne sera pas le thème central. Votre vie ne sera pas la partie essentielle de leur journée. Ils seront occupés à prendre des dispositions et tout le reste.

Cela n’était pas mon intention mais je pense que j’ai donné une image plutôt lugubre de la vie humaine. Tout cela pour une bonne raison. Parce que ce que je veux vous dire, c’est qu’il n’est vraiment pas nécessaire qu’il en soit ainsi. Votre vie n’est pas une grosse erreur. Parce que vous n’avez pas été un prodige aux échecs, au piano ou en mathématiques, cela ne veut pas dire que vous ne pouvez rien faire maintenant. Nul ne peut vous interdire d’essayer de nouvelles choses (sans vous soucier de votre âge actuel.) Que vous ayez été profondément religieux ou athée dans votre vie n’implique pas que vous ne puissiez pas changer de croyances maintenant. Restez frais dans votre vie si vous voulez en jouir.

Finalement, voilà le point de vue auquel je faisais allusion au début de ce message :

Imaginez que vous vivez chaque décennie de votre vie comme une nouvelle vie. Un nouveau départ. Un nouveau commencement à l’occasion de chaque décennie.

Entre 0 et 10 ans, j’ai appris la numérologie, l’astrologie, les Vedas etc. De 10 à 20 ans, je me suis consacré à l’apprentissage des ordinateurs et à m’assurer un travail dans l’industrie. De 20 à 30 ans je me suis concentré sur ma carrière et j’ai créé une affaire. Les toutes premières années de ma troisième décennie, je les ai consacrées la découverte de ma propre vérité, de mon existence. Puis à aider les gens selon ma capacité limitée. De 40 à 50 ans, je projette d’écrire un peu plus. Tout en faisant de nombreuses erreurs, pourtant dans toute ma vie mes choix n’ont pas été accidentels. Je préfère fixer mon but pour la prochaine décennie avant qu’elle se présente au seuil de ma porte.

J’espère que vous y réfléchirez profondément : et si vous viviez une nouvelle vie à chaque décennie ? Quel que soit votre âge actuel, comment projetez-vous de passer la prochaine décennie de votre vie ? Allez-vous en investir une partie dans quelque chose qui ait quelque valeur, je veux dire pour vous ? Ce ne peut pas seulement être d’élever votre famille. Y a-t-il quelque chose que vous ayez toujours voulu faire ? Eh bien, c’est le moment. Consacrez-y une partie significative de votre temps et vous maîtriserez tout ce que vous pourrez imaginer.

Pensez vraiment à ce que vous ferez d’autre dans la prochaine décennie de votre vie. De 25 à 35 ans ou de 30 à 40, de 60 à 70, ou de 75 à 85, peu importe. Vivez seulement votre décennie comme si c’était une nouvelle vie. Laissez sortir le nouveau vous. Peu importent les années, ce qui importe c’est l’engagement.
Un instant d’accomplissement vaut mieux qu’une vie entière de traîne.

Un enfant de 7 ans demanda à son ami : “Crois-tu en Satan ? ”
“Je n’en suis pas trop sûr”, répondit l’ami. “Comme Santa (le Père Noël (ndt)), il pourrait bien se révéler être ton père.”

Santa ou Satan, Buddha ou Buddhu, ignorant, vous choisissez votre rôle. Votre vie est entre vos mains et il n’est jamais trop tard pour semer une graine. Il n’est jamais trop tard pour vous embarquer vers quelque chose de nouveau. Il n’est jamais trop tard pour être aventureux. La vie ne vous ennuiera jamais si vous n’arrêtez pas de vivre.

Tagore a dit un jour : “J’ai dormi et j’ai rêvé que la vie était joie. Je me suis réveillé et j’ai vu que la vie était service. J’ai agi et j’ai vu que le service était joie.”

Si vous voulez ressentir cette joie, vous devez commencer par vous servir vous-mêmes, par vous apprécier, par prendre soin de vous. D’une manière responsable. Comme on dit : vous ne vivez qu’une fois. Bon, vous n’avez pas à le faire. Vous pouvez vivre de nombreuses fois en une seule vie. J’avais naïvement pensé que j’allais emballer ce message en 1.200 mots mais même après en avoir mis deux fois plus, j’ai encore beaucoup à dire.

Votre vie est un cadeau magnifique, précieux. Ouvrez-la, chérissez-la, faites-en usage. Quelle qu’elle soit, modelez-la en quelque chose dont vous prendrez soin.

Vous n’êtes pas un morceau jeté à quelque destinée. Vous n’êtes pas à la merci de vote sort. Vous avez autant de droit à la vie que n’importe qui d’autre. Vous pouvez vivre de nombreuses belles vies au cours de cette vie même. Vivez chaque décennie une nouvelle vie avec la même curiosité d’enfant, la même ignorance, la même bonne volonté et les mêmes rêves que vous aviez quand vous étiez dans vos langes (d’accord, peut-être un peu plus âgé).

A quoi allez-vous consacrer les dix prochaines années ?

Paix.

Swami

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